
S téphane Gompertz, ambassadeur «climat» pour la région Afrique du Nord et Moyen-Orient (MENA) et Afrique, a effectué une visite à Alger les 29 et 30 avril. Ce déplacement s'inscrit dans le cadre de la préparation de la conférence Paris Climat-COP 21, qui aura lieu en France du 30 novembre au 11 décembre prochains.M. Gompertz, venu présenter aux autorités algériennes les enjeux de cette réunion internationale, s'est entretenu avec Youcef Yousfi, ministre de l'Energie, qui lui a fait part du programme «ambitieux» des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique en Algérie.M. Yousfi a affirmé aussi qu'une coopération dans les domaines industriels et de recherche permettrait «d'accélérer le développement de l'énergie propre et contribuer de manière active à l'effort global de lutte contre le changement climatique». Un an après la visite à Alger de Nicolas Hulot, envoyé spécial du président de la République française pour la protection de la planète, cette visite témoigne de la qualité de la coopération franco-algérienne en matière de développement durable et de la mobilisation commune en vue d'aboutir, en décembre prochain, à un accord universel, équitable et ambitieux, pour contenir la hausse des températures à moins de 2°C et favoriser l'adaptation au changement climatique.A noter que l'enjeu de la COP-21 est d'amener toutes les parties à se mettre d'accord pour trouver un instrument qui succèdera au Protocole de Kyoto, qui n'a pas été ratifié par les Etats-Unis, alors que d'autres pays s'en sont retirés. A ce titre, Stéphane Gompertz, qui a animé un point de presse à l'hôtel El Djazaïr, considère l'Algérie comme «un partenaire particulièrement important» pour la France. «L'Algérie est un membre très influent (dans les négociations sur le climat) à la fois du groupe africain, de la Ligue arabe et des Etats producteurs de pétrole», a-t-il expliqué.«On n'essaie pas d'imposer aux Etats des objectifs qu'ils doivent coûte que coûte respecter. Il appartient à chaque Etat de faire ses propositions de la trajectoire qu'il entend suivre à la fois pour limiter et ensuite réduire ses émissions de gaz à effet de serre ou les empêcher de trop monter (ce qu'on appelle l'atténuation) et pour adapter son économie mais aussi ses infrastructures aux conséquences du changement climatique (ce qu'on appelle l'adaptation)», a-t-il précisé. Et d'ajouter que le mouvement doit venir des Etats eux-mêmes, c'est ce qu'on appelle en anglais INDC (Intended Nationally Determined Contribution).«Les Etats vont proposer ce qui est raisonnable et en même temps doit être ambitieux. Les technologies évoluent. Il y a des technologies qui étaient inabordables et qui deviennent moins chères dans le solaire et l'éolien. Il y a aussi les techniques dans le bâtiment qui permettent une meilleure isolation et des voitures qui consomment moins d'énergie.La Chine, par exemple, a décidé d'imposer aux voitures qu'elle fabriquera à partir de 2020 une norme d'émission de gaz à effet de serre plus sévère que les normes actuelles de l'Union européenne. C'est un signe intéressant et, du coup, il va y avoir un effet d'émulation», explique-t-il. M. Gompertz met en exergue le fait que l'engagement est de plus en plus fort ; la décision conjointe des USA et de la Chine, en novembre 2014, en est un exemple. Autre élément : le secteur privé manifeste de plus en plus d'intérêt pour ce qui est lutte contre le changement climatique, ajoutant qu'il n'y a pas «de contradiction entre cette lutte et le développement».Lors de la conférence Paris Climat-COP 21, «nous espérons rapprocher les positions. Les USA se sont engagés à réduire leurs émissions entre 26% et 28% entre 2005 et 2025. La Chine s'est engagée à augmenter la part des énergies renouvelables après avoir atteint un pic en 2030 et ensuite réduire. Nous pensons que l'industrie et la technologie en Inde vont pouvoir l'aider à changer de cap, même si ce pays est un petit pollueur (5%) par rapport aux USA (15%), la Chine (25%) et l'Europe (10%), mais plus que l'Afrique».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel Benelkadi
Source : www.elwatan.com