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Les ordures cachent un trésor



L'idée est excellente. Malheureusement excellente. Pourquoi malheureusement' La suite l'explique, mais commençons par l'idée. C'est la secrétaire d'Etat chargée de l'Environnement, Mme Dalila Boudjemaâ, qui vient d'annoncer que le gouvernement envisage de changer la forme de gestion actuelle des déchets de la capitale. La réflexion est engagée autour d'une concession de l'activité au secteur privé. Sur le mode de gestion de l'aéroport, du métro et de la distribution de l'eau potable. C'est-à-dire en y incluant un partenaire étranger. Pour le savoir-faire que nous n'avons pas. Voilà pour «le malheureusement». Ramasser les ordures ménagères paraissait pour beaucoup, jusque-là, chose simple. Or, c'est loin de l'être. Que ce soit pour les villes ou pour des agglomérations plus réduites, cela ne peut se faire qu'avec une organisation pointue, une méthode bien élaborée, des rotations et des parcours judicieux, etc...Au quotidien et avec régularité. Le tout agencé de manière durable. Le ramassage de nos ordures nécessite une mise à niveau. Tant pour les services communaux que pour Netcom et ses 3000 travailleurs. Leurs manquements et leurs faiblesses pour réels qu'ils soient sont, faut-il le préciser, aggravés par l'indiscipline des citoyens. Non-respect des heures de dépôt d'ordures, emballage inapproprié, etc. Si chacun a sa part de responsabilité, la solution est dans la professionnalisation aux standards internationaux de la collecte des déchets. Qu'ils soient ménagers ou spécifiques (hospitaliers, industriels,...). Ce qui a été réussi dans la distribution d'eau est valable pour le ramassage des ordures. Pas seulement, car il ne faut pas oublier que l'entretien assuré aujourd'hui dans les hôpitaux du pays ne répond pas aux normes d'hygiène idéale. On ne peut pas demander à une femme de ménage d'aseptiser un bloc opératoire avec les mêmes gestes d'entretien qu'elle a dans sa vie où se disputent précarité et insalubrité. Idem pour l'entretien des cités qui n'en est pas un. Sans produits. Seulement avec de l'eau rarement changée Ceci pour dire la nécessité de pousser plus loin l'idée de concession avancée par la secrétaire d'Etat. Jusqu'à l'entretien des structures de santé. Jusqu'à l'entretien des grands ensembles immobiliers. Des concessions en partenariat dont les gains sont multiples. Formation, sensibilisation permanente et surtout des économies substantielles des dépenses de santé publique. Il n'y a pas d'autres solutions à cet épineux problème que la concession. Que le gouvernement y pense aujourd'hui parait un peu tardif. D'autant que la collecte des déchets se doit de déboucher sur le développement de l'industrie de recyclage. Mme Boudjemaâ évalue à 350 milliards de centimes de perte chaque année l'absence de recyclage des 360.000 tonnes de déchets collectés dans le même temps. Elle oublie d'ajouter la création d'emplois et les revenus supplémentaires que peut générer l'industrie du recyclage. Nos ordures sont une richesse que nous n'exploitons pas. Mme Boudjemâa a le mérite de nous en faire prendre conscience, mais l'idée sera-t-elle vraiment concrétisée' Osons l'espérer, car et si les citoyens ont besoin d'être sensibilisés à la question, beaucoup de nos responsables sont dans le même besoin. C'est d'ailleurs pourquoi nous avons évité d'aborder les effets d'une bonne collecte des déchets sur la pollution et l'environnement. Limiter le message sur les ordures, sur la saleté, sur l'hygiène, est mieux compris et plus productif dans l'état actuel des choses et des esprits. De plus et avant de relever l'aspect esthétique «d'Alger la Blanche», nous préférons insister sur les maladies liées à la mauvaise collecte des déchets. C'est plus simple!
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