
N'étant pas habitués au processus d'exportation, les opérateurs économiques ne mesurent pas encore tous les risques qui en découlent. C'est ce qu'ont assuré les experts, hier, au Centre des conférences international d'Alger lors d'une table ronde sur l'export dans le cadre du symposium international sur le transit, la translogistique et l'entreposage des marchandises. « Les risques à l'export sont nombreux, mais nous ne les connaissons pas tous. D'où la nécessité pour ceux qui font dans l'exportation de souscrire à une assurance auprès des banques locales », a indiqué Abdallah Serai, représentant du Forum des chefs d'entreprise. Il expliquera, dans ce sens, que si les banques étrangères sont présentes en Algérie, c'est surtout pour accompagner leurs opérateurs à l'export. « Une PME algérienne ne prendra pas le risque d'exporter vers un pays africain car elle risque de tout perdre. Une crise sécuritaire ou financière pourrait survenir et mettra en difficulté l'entreprise. Les banques ont donc un grand rôle à jouer dans le processus des exportations pour rassurer les opérateurs », dit-il en déplorant que la couverture assurance ne soit pas courante chez nous, y compris chez les importateurs. Le PDG de World Trade Center en Algérie, Hocine Saïbi, a souligné, pour sa part, qu'il faut développer une approche méthodique et prudente pour contrôler les risques. « Le nombre des entreprises orientées vers l'export est en hausse, et il faut qu'elles soient assistées par des partenaires logistiques performants, qui leur inculquent les bonnes pratiques. Il y a tout un apprentissage à l'exportation qu'il faut mettre en place », estime-t-il. Le représentant du ministère des Transports, Aït-Abdallah Boubker, estime, quant à lui, que la notion d'exportation doit être revue, actualisée et simplifiée au maximum pour les opérateurs. « Il faudra que l'acte d'exportation devienne aussi banal que celui de l'importation. Les pouvoirs publics s'y attellent, ils ne pourront pas tout faire. Les organisations patronales ont un rôle à jouer dans la vulgarisation de la notion d'assurance et du facteur risque. Il faut informer les opérateurs sur tout ce qui a trait à l'exportation », observe-t-il. Le Club export, un réseau des dirigeants exportateurs, se propose de mettre à la disposition des opérateurs une expertise internationale sur l'export. « Des coûts logistiques élevés, des circuits d'exportation complexes, tout cela freine l'acte d'exporter. Ce réseau, qui permet le partage des expériences, est disposé à assister les entreprises pour qu'elles puissent contourner les obstacles d'une part et à les mettre en contact avec les marchés internationaux, d'autre part. Ce Club, c'est aussi une vitrine du made in Algeria et un espace de formation et de coaching », explique le président du Club, Racim Benghanem. A propos de la formation dans l'export, Saibi a déclaré que nos universités produisent de très bons logisticiens, indiquant que la logistique une logique de fonctionnement et de management. Toutefois, le terrain logistique souffre, selon le DG de la formation au groupe Logitrans, Mohamed Arar, d'un déficit en matière d'ouvriers chargés de l'exécution. « Nous avons besoin de 40.000 employés quand les 30 plate-formes logistiques, en cours de réalisation, seront réceptionnées. C'est une ressource que nous devons former par nous-mêmes, car le métier d'ouvrier de la logistique n'est pas enseigné à l'université, et la formation professionnelle, en dépit des résolutions prises pour qu'elle réponde aux besoins économiques, n'offre pas encore un apprentissage des métiers de la logistique », fait-il savoir. En conséquence, Logitrans est chargée de former les futurs employés des plateformes logistiques d'une valeur de 35 milliards de dollars. Arar a annoncé le lancement d'un programme de formation sur les métiers logistiques à partir de janvier 2017. Il précisera que ces plateformes logistiques seront également un support de formation à l'ensemble des métiers de la logistique.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Farida Belkhiri
Source : www.horizons-dz.com