Les acteurs occidentaux, dont les Etats-Unis et l'Union européenne, ont aujourd'hui "reconfiguré" leur stratégie vis-à-vis des crises dans la région méditerranéenne, notamment les "révolutions arabes", privilégiant la complémentarité plutôt que la concurrence, a déclaré, mardi à Alger, Camille Grand, directeur de la Fondation française pour la recherche stratégique (FRS).
"On assiste à une reconfiguration de la stratégie de l'Otan et de l'Europe face à l'actuelle situation dans la région méditerranéenne", a dit M. Grand lors d'une conférence à Alger intitulée "Les stratégies des acteurs européens et des USA en Méditerranée : concurrence, partage des rôles ou complémentarité '".
Au cours de cette conférence organisée par l'Institut national des études stratégiques globales, le conférencier a indiqué que "dans le passé, les acteurs occidentaux (UE et USA) se basaient plus sur la compétitivité mais aujourd'hui ils ont évolué vers la complémentarité".
"Ils (Occidentaux) doivent agir en étroite coopération avec les partenaires régionaux", a-t-il estimé.
"C'est une complémentarité obligatoire. Plus personne ne peut ou ne veut agir seul", a encore dit M. Grand qui a occupé plusieurs postes au sein du Quai d'Orsay.
Au sujet des "révolutions arabes", le conférencier a regretté que l'UE n'"ait pas été à la hauteur des enjeux post-révolutions arabes" car, d'après lui, l'UE aurait pu accompagner davantage les peuples des pays touchés par ces événements et empêcher l'effondrement de l'économie de ces Etats. Dans ce contexte, l'expert a ajouté que l'UE "a manqué de vision stratégique en se focalisant sur la crise économique".
Citant l'exemple de la Libye, M. Grand a indiqué que l'intervention de l'Otan "n'a pas réglé le problème dans ce pays", qui demeure, selon lui, "une zone de turbulences".
S'agissant des Etats-Unis, le conférencier, a estimé qu'ils sont "un acteur incontournable dans la zone méditerranéenne, en particulier en Egypte, en Israël et en Jordanie", mais n'envisageaient pas "une présence accrue" dans la région.
Quels que soient les dangers en Afrique, les Etats-Unis "ont fait le choix de ne pas s'y établir", en raison des "contraintes financières". "Les contraintes budgétaires vont amener les Etats-Unis à être moins présents" dans la région, a-t-il ajouté.
Concernant le dossier syrien, M. Grand a souligné que l'idée d'une intervention de l'Otan "est écartée" et que le règlement politique du conflit dans ce pays est "la seule solution" et que l'option militaire "ne réglera pas cette crise" qui perdure depuis plus de deux ans.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Algérie Presse Service
Source : www.aps.dz