
En choisissant vendredi de ne rien changer à sa stratégie actuelle, malgré les excédents pesant sur le marché, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a opté pour un attentisme qui en dit long sur ses divisions internes.Si le Venezuela et l'Algérie, qui souffrent particulièrement de la baisse des cours du pétrole, appellent à des réductions de production, ce n'est pas le cas de l'Iran, de l'Irak ou encore de l'Arabie Saoudite, qui ont tout intérêt à maintenir une production élevée car celle-ci leur permet d'une part de s'assurer des parts de marché plus importantes quand les prix repartiront, et d'autre part de vendre davantage car les cours sont très bas. Alors que le marché est engagé depuis plusieurs mois dans une spirale baissière des cours, avec une offre largement supérieure à l'offre et que certains membres veulent limiter la production de pétrole, pour faire remonter les cours, l'Arabie Saoudite qui est le premier pays exportateur de pétrole, continue son offensive commerciale consistant à inonder le monde d'or noir pour défendre ses parts de marché. Pourtant, la stratégie saoudienne d'inonder le marché n'a pas porté ses fruits. Au contraire, les pays de l'Opep souffrent de plus en plus de la chute des cours, divisés par deux en un an et demi. Les appels pressants du Venezuela, de l'Algérie et de l'Equateur à réduire la production de l'organisation n'ont eu aucun effet. Le constat est que les membres de l'Opep sont trop divisés, l'Irak veut continuer à produire encore plus l'an prochain, l'Arabie Saoudite n'est pas prête à se sacrifier pour l'Iran si ses collègues de l'Opep et ses concurrents hors Opep ne réduisent pas leur production de concert, ce que la Russie a pour l'instant exclu. Au final, ces derniers mois, l'Arabie Saoudite a augmenté sa production de 500 000 barils jour à 12 millions, l'Irak est passé de 3 à 4 millions. Et l'an prochain, avec la levée probable des sanctions sur l'Iran, 500 000 barils pourraient rapidement venir s'ajouter aux volumes actuels. L'idée selon laquelle l'Opep est au service des pays producteurs semble n'avoir plus aucun sens. Les missions statutaires de l'organisation sont pourtant claires. Il s'agit de coordonner et harmoniser les politiques pétrolières des membres pour sauvegarder leurs intérêts, stabiliser les prix sur les marchés internationaux et stabiliser les revenus des membres en stabilisant notamment l'approvisionnement des pays consommateurs et l'investissement. Les objectifs de l'Opep ne se bornent pas là. Elle lutte également pour l'augmentation des bénéfices des pays membres, dont les besoins s'élèvent. En effet, les pays membres de l'Opep ont pour la plupart failli dans l'effort de diversifier leurs économies. Dans leurs recettes, ils sont souvent à 90% dépendants de l'exportation du pétrole. Le prix de ce bien reste donc une déterminante budgétaire. Mais il semble que ces objectifs ont tous été pervertis. L'Opep n'exerce plus sa vocation initiale, celle de défendre les intérêts des pays producteurs, comme ce fut le cas durant la décade 1970. L'entente qui prévalait entre les pays membres durant cette période n'existe plus. L'Arabie Saoudite développe sa propre stratégie commerciale même au détriment des intérêts des pays producteurs. Quelle pertinence alors pour un pays comme l'Algérie de maintenir sa présence au sein d'une telle structure ' Cette question mérite d'être posée pour notre pays qui a déjà été victime de la stratégie de l'Opep par deux fois, en 1986 et 2014. S. S.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Smati Saïd
Source : www.liberte-algerie.com