
Drôles et loufoques, elles créent certains désagréments pour les citoyens quand ce n'est pas pour les moutons. Mais pour certains, c'est cela le charme de l'Aïd...L'Aïd El Adha arrive et ses habitudes avec. Mauvaises pour certains, bonnes pour d'autres, elles reviennent chaque année au point de devenir tradition. La plus remarqué de ces habitudes est bien entendu les magasins qui se transforment en écurie pour la vente de moutons. En effet, comme pendant le Ramadhan, où vulcanisateurs, mécaniciens, fast-foods... se mettent à la vente de la zelabia et kalb elouzze, à l'approche de l'Aïd El Kébir ils optent pour les moutons. Que ce soit au centre d'Alger, sa banlieue ou les autres villes du pays, on ne peut pas échapper à ce décor maquisard. Même si nos yeux ne les voient pas, notre nez sent cette forte odeur de mouton. Par exemple, à Jolie Vue (Kouba, banlieue sud-est d'Alger) où un très beau restaurant ne propose plus le mouton en sauce ou en brochettes, mais le vend sur pied... Ce restaurant a fermé ses portes, enlevé son mobilier pour le remplacer par des moutons, le temps d'un Aïd. Incroyable mais vrai et cela en pleine capitale. Mais ce n'est pas tout.
Ceux qui ne disposent pas de locaux commerciaux ont tout simplement décidé de squatter les bords de routes. On cite l'exemple de l'entrée du Hamiz ou celle de Rouiba. Des vendeurs venus des quatre coins du pays ce sont installés avec leur marchandise. Les automobilistes n'hésitent pas à s'arrêter pour acheter leur mouton ou faire du «lèche-vitrine».
Créant ainsi des embouteillages monstres, mais surtout le risque d'accident. En plus des dangers, cette situation engendre de fortes odeurs nauséabondes et des détritus. Les trottoirs sont envahis par les excrément de moutons et restes de foin...Même les cages d'escaliers n'y sont pas été épargnés. Les locataires y «stockent» leurs moutons des semaines avant l'Aïd!
Cette situation donne un aspect «ruralisé» à nos villes. Mais passons, ce n'est pas la seule habitude qui revient pour l'Aïd El Adha.
Certains de nos compatriotes vivent une véritable aventure pour acheter le mouton «parfait». Ainsi, ils n'hésitent pas à parcourir des centaines de kilomètres pour trouver le mouton rare. Leurs destinations favorites sont Tebessa, Naâma, Tiaret, Tissimsilt et bien sûr Djelfa où l'on trouve ce qui est considéré comme le «millésime» pour cette espèce animale. Un véritable apprentissage de la géographie par le mouton. Tarek, un jeune habitant de Reghaïa fait partie de ces aventuriers à la recherche du sacrifice de l'Aïd. Il nous raconte son histoire. Samedi dernier à 13h, il reçoit un appel téléphonique de l'un de ses amis. «Et si on allait à Djelfa acheter notre mouton», plaisante son copain. Tarek lui répond: «Non pas à Djelfa, mais à Tissimsilt, je connais quelqu'un qui a de beaux moutons. Je passe te prendre'». Son ami qui pensait à une plaisanterie lui dit oui. Un quart d'heure plus tard, Tarek est en bas de chez lui. «Tu parlais sérieusement, je pensais que tu plaisanté», lui rétorque son ami qui après quelques minutes de réflexion décide de le suivre dans cette aventure. Les deux hommes prennent la route. Et c'est parti pour plus de 300 km. Aux environs de 23h, ils sont de retour sur Alger. «On est pas revenu bredouilles. On a acheté notre mouton. On l'a payé à 57.000 DA trouve à Alger à 70.000 DA», se félicite-t-il en expliquant que la raison principale de son voyage, c'est de faire des économies. Fayçal, lui aussi s'est adonné à ce genre d'escapade. Mais il l'avoue directement, ce n'est pas par économie, mais une habitude qui l'amuse. «Cela peut paraître loufoque, mais je considère comme faisant le charme de cette fête religieuse», assure Fayçal qui fait ce genre de déplacement depuis des années. Pour ce qui est des économies, il ne se fait pas d'illusion. «Avant peut être on arrivait à avoir des moutons à bon prix dans ces villes de l'intérieur du pays réputées pour leur cheptel. Mais maintenant les éleveurs se sont alignés sur les prix qui sont pratiqués à Alger. D'autres viennent même les vendre directement. Donc au mieux on peut gagner 1000 ou 2000 DA, avec le déplacement, les frais de la voiture, la nourriture,...Cela nous revient plus cher avec d'énormes risques. Mais j'aime bien cela, alors j'essaye de me persuader que ces moutons sont meilleurs que ceux vendus à Alger. Cela me fait oublier le trajet...», avoue-t-il. Voilà donc une autre de ces habitudes de l'Aïd El Kébir.
Néanmoins, des habitudes moins drôles ont aussi refait leur apparition comme les combats clandestins de moutons. Ce genre de «spectacle» est fréquent à la veille de l'Aïd. Ils sont malheureusement même très appréciés. Réservé à quelques «professionnelles» pendant le reste de l'année, beaucoup d'amateurs se prête au jeu avant l'Aïd.
Avec leurs gros moutons aux grosses cornes, payés rubis sur l'ongle, ils vont aux combats. Les pauvres bêtes réservées au sacrifice religieux se retrouvent dans l'arène à «cogner» entre eux. Certains n'y survivent pas. Mais les vainqueurs peuvent gagner à leurs propriétaires des sommes faramineuses. Mais les pauvres bêtes subissent les pires des traitements avant d'être sacrifiés le jour J. C'est cela les nouvelles ou plutôt mauvaises habitudes de l'Aïd... Mais pour certains, c'est cela le charme de l'Aïd. Alors saha Aïdkoum à tous!
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Walid AIT SAID
Source : www.lexpressiondz.com