Alger - A la une

Les médias africains à la rescousse



Bien qu'avec du retard, par rapport aux autres continents, l'Afrique en tant qu'institution régionale et nationale, a fini par comprendre le rôle stratégique que peuvent jouer les médias dans des questions sensibles comme la lutte contre la pauvreté et la désertification.
C'est d'ailleurs dans cet objectif qu'un atelier régional a été organisé à Alger la semaine dernière à l'initiative de la CNULCD au profit de journalistes d'une dizaine de pays africains. Le coordinateur régional de la Convention onusienne, Boubacar Cisse, insiste sur cette évidence.Il brossera d'abord d'un tableau peu reluisant de la situation dans le continent sur la base d'indicateurs de la BAD (Banque africaine de développement) avant de cerner le rôle que peuvent jouer les médias pour renverser la tendance. Selon le document de «stratégie du secteur agricole 2010», 80% des populations africaines relèvent du monde rural et dépendent principalement du secteur agricole.
L'agriculture contribue à hauteur de 80% au PIB des pays subsahariens. A partir de cette donne, M. Cisse appelle les représentants des médias africains à «influencer les décideurs, car ils sont les initiateurs des politiques de développement, pour atteindre les objectifs tracés en termes de développement et de l'amélioration des conditions de vie des populations». Les médias servent alors de médiateurs entre les centres de décision et les populations. Ces dernières sont toujours les premières à subir les retombées des décisions prises à haut niveau. Lesquelles «retombées qui sont soit positives ou négatives, mais malheureusement négatives dans la plupart des cas en Afrique», regrette-t-il.
Cependant, dans une région comme l'Afrique, où le déficit démocratique est criant, les régimes en place sont-ils prêts à admettre les médias dans la dimension qu'ils viennent de prendre dans les pays avancés ' C'est-à-dire, les responsables et concepteurs de politique de développement dans les pays africains sont-ils disposés à accepter un débat critique et admettre que le rôle des médias est plutôt d'analyser, de débattre et de remettre en question les choix politiques et non pas un simple support de communication pour rendre publiques des décisions prises au niveau des décideurs. L'état des lieux tel qu'il se présente actuellement laisse préconiser aux régimes en place à travers le continent africain davantage de maturité politique et d'ouverture démocratique pour qu'ils puissent comprendre le rôle qu'ils souhaitent faire jouer aux médias.
Au même titre que les médias, il est question aussi du rôle de la société civile dans le processus de conception des politiques de développement. A cet égard, Mohamed Safar Zitoun, président de l'association AREA-ED, estime que «la contribution des organisations de la société civile est généralement appréciée en raison de leur indépendance relative et leur caractère non étatique. Bien que ne pouvant pas remplacer les administrations ni les structures démocratiques élues, elles sont souvent sollicitées, de par leur connaissance du terrain et leur expérience».


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