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Les Maliens au seuil de la paix



Les Maliens au seuil de la paix
Unique solution. Il n'y a pas d'autres solutions que la paix pour le Mali. Pour se reconstruire. Pour se développer. Toutes les parties maliennes au conflit le savent. Elles le veulent aussi. Leur présence assidue à Alger depuis de longs mois en témoigne. Jeudi dernier, par la signature, à Alger, d'une déclaration, leur engagement pour la paix et la réconciliation a été réitéré. Toutes les parties, le gouvernement malien et les six mouvements politico-militaires du Nord Mali ont signé cette déclaration qui les engage à «observer une cessation immédiate de toutes formes de violence, et s'abstenir de tout acte ou propos provocateur». En d'autres termes, les Maliens se sont promis de ranger leurs armes. Les esprits chagrins diraient que ce n'est pas le premier accord de cessez-le-feu. Il n'empêche qu'une telle réaffirmation dans un processus devant aboutir à la réconciliation et à une paix durable permet de donner un nouveau souffle et de consolider l'indispensable climat de confiance pour des négociations que chacun savait longues. Ramtane Lamamra, notre ministre des Affaires étrangères, l'a d'ailleurs rappelé dès l'ouverture, lundi dernier, du 5e round du dialogue inter-malien. L'Algérie conçoit ce processus comme «une pédagogie» pour laquelle il faut «de la patience et de la persévérance» lorsque «la volonté d'être au rendez-vous de l'histoire» l'exige. C'est pourquoi l'Algérie qui est chef de file de la médiation qui comprend l'ONU, l'Union africaine, la Cédéao, l'Organisation de la Coopération Islamique (OCI), le Burkina Faso, la Mauritanie, le Niger et le Tchad, oeuvre sans relâche depuis plus d'une année à créer les meilleures conditions pour parvenir à réunifier le Mali. Il faut rappeler que le 1er round de l'initiative de l'Algérie pour une médiation dans le processus inter-malien date de janvier 2014. Ce n'est qu'après d'intenses efforts et plusieurs réunions qu'une feuille de route a pu voir le jour et être signée, le 25 juillet 2014, entre les parties maliennes. La partie n'était pas gagnée pour autant, puisque l'ONU a dû convoquer, le 27 septembre 2014 à New York, une réunion de haut niveau du processus, à laquelle a participé le président malien Ibrahim Boubakar Keïta, un homme qui souhaite la paix à tous les peuples et qui n'a pas hésité, pour cela, à marcher à Paris, en janvier dernier. L'ONU a ainsi donné une nouvelle «énergie» aux négociations et au 3ème round de se tenir à Alger en octobre 2014 et faire accepter aux participants un projet comportant «des éléments d'un accord de paix» que la médiation avait présenté. Plusieurs autres réunions ont été nécessaires avant que ne s'ouvre, toujours à Alger, le 5ème round qui a permis la signature de l'accord de jeudi dernier. C'est dire que le chemin de la paix aura été long. Inlassablement l'Algérie poursuit ses efforts pour que les parties maliennes parviennent à «aboutir le plus rapidement à un accord global de paix et de réconciliation». «Le plus rapidement» car, une fois la paix retrouvée au Mali «c'est le terrorisme qui sera perdant et en l'absence de cet accord c'est le terrorisme qui continuera à marquer des points et à menacer la sécurité dans la région» a tenu à rappeler Lamamra. Le plus gros du travail a été réalisé. L'accord de jeudi dernier réaffirme le respect de faire taire les armes mais pas seulement. Il prévoit également «la libération des personnes détenues». En outre, une commission technique mixte de sécurité (Cmts) est chargée de «vérifier, constater et signaler (à la médiation) tout acte contraire à la déclaration». Et comme l'a si bien rappelé le Premier ministre malien, Modibo Keïta, lors de sa dernière visite à Alger «le temps n'est pas notre allié, au contraire». Il faudra donc faire vite. C'est pourquoi la déclaration signée jeudi dernier, «est exécutoire» immédiatement. Toutes les conditions d'un accord de paix rapide et durable sont réunies pour être conclu à l'issue de ce 5ème round qui se poursuit à Alger. Ce qui permettra à l'Algérie de poursuivre son «exportation de la paix». Vers la Libye qui souffre et qui attend!


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