Alger - A la une

Les maîtres du monde



La presse outre-Méditerranée en aura fait ses choux gras. Dans la classe politique française, lancée dans une campagne présidentielle haletante mais sans suspense vrai avec l'apparition d'un gourou anxiogène, nommé Zemmour, l'émotion est à la mesure du camouflet magistral reçu. C'était à l'occasion de la vente de douze sous-marins à l'Australie, contrat signé pourtant en bonne et due forme. Des milliards de dollars soufflés au nez et à la barbe du candidat à un deuxième mandat présidentiel qui n'avait nul besoin de ce fâcheux « incident » provoqué par le vieil allié traditionnel américain.Le plus humiliant dans cette affaire est que le chef de l'exécutif australien n'avait même pas jugé utile d'en informer son partenaire. Mais quand l'Amérique veut, le reste du monde dispose. Et d'ailleurs, les States vont plus loin à travers ce crime de lèse- majesté en ne mettant pas au courant leur allié de l'Otan de la réorientation de leur politique extérieure, notamment en Asie pacifique dans une nouvelle alliance incluant, outre les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l'Australie. En ligne de mire, la Chine, puissance montante qui ambitionnerait d'étendre son influence dans cette région. De ce fait, la position de la France face à l'Empire du Milieu est accusée de « mollesse ». Dans cette nouvelle ère de confrontation en particulier au niveau commercial, l'équipe d'Emmanuel Macron semble avoir raté le train. De plus, la crise diplomatique avec l'Algérie la met dans une situation très inconfortable, sachant le poids d'Alger dans la région de la bande sahélo-saharienne. D'où la multiplication des gestes de « repentance » en direction des décideurs algériens.
Ce deuxième front, ouvert par des hostilités répétées de Paris, porte en lui le tort de ne pas tenir compte de la volonté de s'affranchir de leur tutelle des pays africains martyrisés par un terrorisme sanguinaire instrumentalisé. Cette culture néo-coloniale empêche ainsi les dirigeants français de saisir les signaux de changements stratégiques, où ils ne sont désormais plus à la man?uvre. Et d'ailleurs, leur attitude à l'endroit de la monarchie marocaine frappe par son caractère immuable. Fidélité à ce maréchal homosexuel, Lyautey, créateur du Makhzen. On comprend, dès lors, la peur panique des dirigeants français qui alternent au pouvoir en France, d'une secousse qui mettrait en danger leur mainmise sur un pays dont les responsables sont une insulte quotidienne au valeureux peuple marocain, dont on connaît la fierté et sa revendication de la liberté. Réprimées à chaque fois par l'appel du Makhzen patenté à ses protecteurs. Plus dangereuse pour la France est la campagne américaine de vente de matériel militaire à l'échelle du monde.
La démarche commerciale porte un coup dur aux autres marchands d'armes, et démonte les positions supposées acquises. Ainsi, le scénario australien se répète dans le cas de la Grèce. Info : alors que le Président français Emmanuel Macron et le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis ont conclu, fin septembre, un accord pour la fourniture à la Grèce de trois frégates de défense et d'intervention pour quelque 3 milliards d'euros, le département d'Etat a annoncé, dans un communiqué, avoir pré-approuvé un projet de vente à Athènes de quatre frégates de combat et leur équipement, d'une valeur de 6,9 milliards de dollars. Un manque à gagner qui frapperait de plein fouet les espoirs français qui se tournent vers les Arabes du Golfe, en l'occurrence les Emirats arabes unis, qui leur achètent 80 avions de combat Rafale et 14 hélicoptères Caracal. Montant de l'opération : 17 milliards d'euros. « C'est signé ! », clamaient les négociateurs de Macron. À condition que les maîtres du monde valident. Un contrat d'importance capitale, susceptible d'être brandi dans la course à la présidentielle d'avril 2022.
Brahim Taouchichet
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