La relation presse-partis politiques, l'influence des médias sur lesdernières législatives, la future assemblée vue par les hommes de la presse,etc. ont été les principaux thèmes abordés dans la soirée du mardi, lors del'émission «Fi Essamim» de la télévision nationale.Autour de la même table, au studio central, le responsable du quotidien«Echourouk» Anis Rahmani, de «La Tribune», Abdelkrim Ghezali, Habet Hannachi del'hebdomadaire «El Mouhakkik», ainsi que le professeur Abdelouahab Boukhenouga.Le directeur de la publication du «Quotidien d'Oran», M. Abdou Benabbou et ledirecteur de la station régionale de la radio de Constantine Lakhdar Daradji, intervenaientrespectivement à partir d'Oran et de Constantine. Unanimement les intervenants ont affirmé que le fort taux d'abstentiondes dernières législatives illustre clairement le fossé séparant une classepolitique plutôt virtuelle de la société civile réelle. Les représentants de lapresse partagent aussi l'idée qu'à travers ces élections les Algériens ont faitpreuve de maturité politique. «Les jeunes qui ont majoritairement boudé lesurnes ont pris leur revanche en rejetant l'acte électoral. La campagneélectorale ne redonne plus espoir aux jeunes, les politiques tiennent desdiscours creux avec des promesses réitérées et jamais honorées», dira à cetitre le directeur d'»Echourouk». Abdelkrim Ghezali de «La Tribune» a, pour sa part, indiqué que ce forttaux d'abstention est un message politique clair en direction de la classepolitique. «La classe politique a été sanctionnée, c'est un signal fort dont ilfaudrait en tirer les leçons», déclare M. Ghezali. Aussi, les intervenantss'accordent à dire que la responsabilité de la dernière «débâcle» électoraleincombe, en premier lieu, à ceux qui font et défont la vie politique. «Lesacteurs politiques ne font rien pour attirer l'électorat, notamment les jeunes.Il ne faut surtout pas occulter le fait qu'il y a aujourd'hui un conflit degénérations», souligne M. Boukhenouga. Ce fort taux d'abstention s'expliqueaussi par l'inadaptation des partis politiques en lice aux mutations socialesen Algérie. C'est ce qu'affirme M. Hadef qui souligne que les statistiquesconfirment «l'infécondité» de la classe politique. «Des partis politiques quihibernent, pour réapparaître tous les cinq ans, constituent vraiment undanger», déclare l'intervenant. De son côté M. Daradji soutient que cetteabstention est aussi et surtout à chercher dans les programmes proposés par lespartis et le discours politique des responsables des formations politiques. Les représentants de la presse sont aussi unanimes sur le fait qu'il estinconcevable, voire incorrect, d'incomber la responsabilité aux médias. M.Abdou Benabbou a insisté, à ce titre, sur la nécessité d'éviter de sombrer dansles analyses classiques qui reviennent après chaque élection et de fixer ledébat autour de la dualité gauche-droite. «C'est un débat dépassé. Le problèmemajeur est à chercher dans la pratique politique. Il devient impératif detrouver une autre manière de concevoir la chose politique», soutient ledirecteur du «Quotidien d'Oran». Il en veut pour preuve que le citoyen s'attendà ce que l'approche politique soit plus concrète et plus convaincante etcorresponde mieux aux transformations que connaît le pays. Le même responsablesouligne que la presse ne peut se substituer aux acteurs politiques. La missionde la presse, souligne-t-il, n'est pas d'appeler le citoyen à aller aux urnesou à boycotter, mais plutôt de l'informer. Sur cette même question Anis Rahmani a souligné que la presse n'est pasun moyen de propagande, visant à inciter le citoyen à aller voter. «Le tauxd'abstention était prévisible. Le peu d'engouement suscité par la campagneélectorale était déjà un indice qui ne trompait pas», souligne le directeurd'»Echourouk» qui soutient que le divorce a été consommé depuis longtemps entreles hommes politiques, dirigeants officiels ou de l'opposition. Rappelant que la presse a joué pleinement son rôle d'information, M.Ghezali a affirmé que le citoyen a assumé pleinement ses responsabilités, loinde toute influence médiatique.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Djamel B
Source : www.lequotidien-oran.com