
Lors de la conférence qu'il a animée, hier, sur la guerre de Libération nationale au forum de la DGSN, le professeur d'histoire à l'Université d'Alger 2, le Dr Benyoucef Tlemçani, a déclaré qu'il faut tirer des leçons non seulement de la Révolution du 1er Novembre, mais aussi de la colonisation de l'Algérie par la France en 1830. Il a indiqué, à ce propos, que si l'Algérie, qui était réputée pour sa force militaire au XIXe siècle est facilement tombée entre les mains de la France en 1830, c'est parce que le pays traversait une période de « perturbations » sur le plan interne. Et qui dit perturbations au niveau interne, dit faiblesse du pouvoir central. « Le dey, en plus, a pris tout son temps pour réagir tandis que le commandant des forces militaires n'avait pas suffisamment pourvu ses équipes pour se battre. Surtout que la France avait engagé un combat terrestre. Un domaine où ses forces excellaient, et non celles algériennes connues pour leurs prouesses marines. C'est l'une des raisons qui ont empêché l'Algérie d'exploiter toute sa force », précise-t-il. Les leçons donc à tirer de cela est, selon lui, de consolider le front interne et d'agir rapidement et efficacement. « La France avait des rapports paradoxaux avec l'Algérie. Elle sollicitait sa force quand elle passait par des crises et l'a considérée comme une proie quand elle était vulnérable. La France, au fait, entretenait son projet de colonisation de l'Algérie depuis Louis XIV. Elle a écarté tous ses concurrents et elle a réussi à atteindre son but », souligne-t-il, affirmant que même les pays voisins n'attendaient qu'une occasion pour s'introduire en Algérie. Aussi, selon lui, il faut rester attentif à ce qui se passe autour de nous. « Les menaces sont toujours d'actualité. Le colonialisme existe toujours, ce sont juste les méthodes qui changent », estime-t-il, signalant qu'au début de la colonisation, l'armée tunisienne avait tenté de s'introduire en Algérie pays par l'Est mais Ahmed Bey l'en avait empêchée. « Après la tombée du pouvoir ottoman en Algérie, le peuple a tout de suite réagi et entamé des actions de résistance à Alger, puis sur tout le territoire national. A l'Est, il y avait Ahmed Bey, et à l'Ouest, l'Emir Abdelkader. Ils combattaient pour la même cause bien qu'ils ne partageaient pas la même vision des choses », dit-il. Il explique à ce sujet qu'Ahmed Bey voulait perpétuer l'ancien système de gouvernance ottoman, tandis que l'Emir Abdelkader aspirait à un Etat moderne. « Ils se battaient tous les deux pour l'Algérie, mais leurs divergences les ont empêchés de s'unir. S'ils s'étaient unis, les Algériens n'auraient peut-être pas été privées de liberté durant plus d'un siècle. De même que si le dey avait agi rapidement, l'Algérie n'aurait peut-être pas été colonisée durant tout ce temps. » Selon le conférencier, c'est cet esprit de « résistance » et de refus d'être colonisé, transmis de génération en génération, qui a permis l'émergence des héros de la Révolution algérienne. « Les héros de la Révolution du 1er Novembre ont tiré des leçons des fautes de leurs aînés. Ils ont compris que la guerre, il fallait qu'elle touche tout le territoire national et en même temps et non seulement des parties du pays, comme c'était le cas auparavant. Et ils ont réussi », a-t-il soutenu.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Farida Belkhiri
Source : www.horizons-dz.com