Les joueurs de l'équipe nationale y compris l'entraîneur Rabah Saâdane
sont sur un nuage compte tenu de l'engouement qu'ils suscitent auprès des
supporters. Les Antar Yahia, Ziani, Bougherra, Chaouchi et autres sont
sollicités de partout et par tous. La qualification au Mondial a propulsé
l'équipe au-devant de la scène et les joueurs sont devenus des idoles pour des
millions d'Algériens. Chacune de leur apparition constitue un événement, en
témoigne l'accueil qui leur a été réservé par des anonymes à leur arrivée en
Suisse où l'équipe est en stage de préparation. Ils sont venus et continuent
d'affluer de Suisse ou de France pour voir de près ceux qui représenteront
l'Algérie au Mondial sud-africain (11 juin-11juillet). C'est dire que les
supporters suivent de très près l'équipe nationale, leur équipe nationale. Sur
le plan matériel, les joueurs en tirent profit dans la mesure où ils signent
des contrats de sponsoring avec des entreprises pour la promotion des produits
de ces dernières. Il est vrai qu'aucun chiffre n'a été avancé sur la valeur de
ces contrats signés, mais les joueurs algériens sont devenus des supports
incontournables pour ces entreprises. Et dire qu'il y a à peine une année, les
joueurs de l'équipe nationale étaient de simples footballeurs anonymes. Rares
sont les entreprises qui les sollicitaient pour des contrats publicitaires.
Dans un passé récent, l'équipe nationale ne suscitait pas autant d'engouement.
Les joueurs passaient inaperçus à l'aéroport. Même les publications
spécialisées (journaux et magazines sportifs) avaient du mal à vendre leurs
produits quand le championnat s'arrête pour que l'équipe nationale dispute un
match officiel ou amical. D'ailleurs, ces matches se déroulaient dans
des stades vides et l'équipe avait même fui, à un moment donné, le stade du
5-Juillet en raison du courroux des supporters.
A cette époque, les responsables
de la FAF faisaient le guet à l'aéroport attendant désespérément qu'un joueur
professionnel daigne répondre à une convocation. En ce sens, un ancien
entraîneur national avait prôné la politique des joueurs locaux, lui qui en
avait marre d'attendre que les professionnels rejoignent la sélection. Dans un
passé récent également, l'équipe nationale disputait ses matches amicaux en
France dans des terrains de quartier.
Ce qui n'est plus le cas
actuellement, dans la mesure où le président de la FAF et l'entraîneur national
sont reçus par les autorités locales des villes où le stage des Verts est
organisé. Les joueurs sont sollicités pour des autographes et des
photos-souvenirs. Et bien évidemment, les sponsors ont suivi au
grand bonheur des joueurs faisant figure d'anciens au sein de l'équipe, eux qui
rasaient les murs au temps où l'Algérie peinait à se qualifier à la phase
finale de la CAN. Aujourd'hui, ces mêmes joueurs sont accueillis dans le salon
d'honneur de l'aéroport d'Alger afin d'éviter la foule. Aujourd'hui, les maillots
de l'équipe nationale, y compris ceux qui sont contrefaits, se vendent comme
des petits pains alors que le drapeau national est devenu une fierté pour
chaque Algérien. La nouvelle génération, qui a grandi dans la violence et le
terrorisme, découvre ainsi la joie que pourrait procurer la qualification de
l'équipe nationale de football. Cette année, les jeunes qui sont nés lorsque
l'EN s'illustrait à Gigon (Espagne) et à Guadalajara (Mexique) auront ce
plaisir d'encourager les Verts au lieu de supporter le Brésil ou une autre
équipe, comme cela se faisait depuis 24 ans.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : K M
Source : www.lequotidien-oran.com