Par ces ?uvres, la nouvelle génération, explique Annick Peigné-Giuly, la présidente du festival, tente "d'inventer une culture, une pensée, un cinéma politique, un cinéma décolonisé (...) affranchi du regard de l'ex-colonisateur et du ?roman national'".La bataille d'Alger, un film dans l'histoire de Malek Bensmail, Fi rassi rond-point de Hassen Ferhani ou encore Atlal de Djamel Kerkar sont les quelques films sur un total de dix ?uvres cinématographiques que le Festival international du film documentaire Corsica Doc met en lumière dans son Focus Algérie.
Par ces films à caractère historico-politique, diffusés gratuitement sur la plateforme Allindi, "il s'agit là, explique Annick Peigné-Giuly, la présidente du festival, ni plus ni moins, encore et encore, d'inventer une culture, une pensée, un cinéma politique, un cinéma décolonisé, c'est-à-dire affranchi du regard de l'ex-colonisateur toujours pesant".
Des ?uvres de jeunes réalisateurs, à l'instar des Ferhani, Bensmaïl ou encore Moussaoui, en rupture également avec "le ?roman national' officiel contemporain". Car il y va de l'écriture du "roman algérien" pour reprendre le titre du film de Katia Kameli. Un roman qui s'écrit ici au pluriel, en fouillant les images, en démultipliant les écritures, les regards, les formes poétiques et cinématographiques.
Façonnés par la singularité sociale et historique de leur pays, notamment la guerre et la décennie noire, les jeunes cinéastes sont "pénétrés du poids de l'histoire coloniale et du sentiment de déshérence de la jeunesse de leur pays. Ils bousculent la représentation de l'histoire récente et passée de l'Algérie, de son peuple, de sa jeunesse".
Les autres films sélectionnés sont les deux documentaires de Tarik Téguia, La Clôture et Ferrailles d'attente, Le Roman algérien de Katia Kameli, Samir dans la poussière de Mohamed Ouzine, le film documentaire Atlal de Djamel Kerkar qui revient à Ouled Allal sur les lieux des massacres perpétrés par des groupes terroristes dans les années 90.
Les souvenirs et la mémoire encore vive de trois hommes du village s'égrènent devant la caméra du réalisateur. Le plus récents de ces docs enfin est Nardjès. A de Karim Aïnouz, qui suit la jeune actrice et activiste algérienne Nardjès Asli durant le Hirak en 2019.
"Le film dresse son portrait au milieu des milliers de manifestant(e)s dans le centre d'Alger, résolu(e)s à renverser un régime qui les a bâillonné(e)s pendant des décennies."
À noter que cette opération se fait en partenariat avec Documentaire sur grand écran, la Cinémathèque du documentaire et avec le soutien de Rencontres des cinémas arabes d'hier et d'aujourd'hui/Sirocco.
Yasmine AZZOUZ
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yasmine AZZOUZ
Source : www.liberte-algerie.com