Les jeunes recrutés dans le cadre du préemploi et du filet social sont revenus hier dans la capitale.
C'est sur le trottoir, devant la Maison de la presse, qu'ils ont tenu leur sit-in prévu à la Grande-Poste. Cet endroit était occupé par les éléments des forces de l'ordre dès la matinée. Une autre stratégie pour empêcher la tenue des rassemblements pourtant autorisés au niveau de la capitale. «Plus de 200 personnes ont été arrêtées par la police, dont des filles.
D'autres ont été sommés de rebrousser chemin», a déclaré un jeune manifestant dans l'après-midi. Ce dernier, qui négocie avec un officier de police le relâchement de ses amis, parle déjà d'une autre action de protestation. «Nous allons revenir prochainement», lance-t-il au policier qui lui demande de quitter les lieux, en contrepartie, l'officier s'engage à libérer les personnes arrêtées.
«J'ai un problème social, je n'ai pas de problème avec la police», tonne le jeune manifestant qui exige comme condition préalable la libération de ses amis pour mettre fin au sit-in.
Le prochain rassemblement sera probablement tenu le 10 mai, jour des élections. «Ce n'est pas encore décidé. C'est après la réunion qu'on décidera de la date, car il y a eu aujourd'hui des rebondissements», explique Samy, qui fait allusion à l'arrestation de ses amis. Samy avait pourtant déclaré, dans la matinée, que la journée de 10 mais sera écartée du planning de leurs actions. «Pour qu'on ne nous taxe pas de perturbateurs. Je ne vais pas voter, mais aussi je vais pas empêcher ceux qui veulent aller voter», insiste-t-il.
Samy estime que tous les partis sont pareils : «Que les islamistes, nationalistes ou les autres arrivent au pouvoir, moi je cherche un poste stable. Ce ne sont pas les nouveaux arrivés à l'APN qui vont me le donner.» Les manifestants étaient assis à même le sol, sur le trottoir, cernés par les agents de force de l'ordre. «Nous sommes venus pour soulever un problème, nous nous retrouvons face à un autre. Ils veulent nous casser», regrettent Samy et ses compagnons. Ils ne se sentent pas concernés par ce que les candidats aux législatives appellent «le grand rendez-vous». «C'est un événement pour eux», affirme un jeune manifestant, se montrant indifférent. «Nous demandons le droit au travail avant le droit au vote», réclament-ils en ch'ur.
Prenant à témoin les passants empruntant la rue Bachir Attar, les protestataires ont crié durant des heures contre l'injustice et la précarité. Avec un mégaphone l'un des manifestants a lu la lettre destinée au président de la République, sollicité à maintes reprises depuis le début de la tenue des rassemblements à Alger. «Décidés et déterminés pour le maintien de la protestation pacifique pour arracher la permanisation et sortir de la précarité, les travailleurs du préemploi et ceux du filet social appellent au rassemblement massif et national», lit-on sur le communiqué du Comité national des travailleurs du préemploi et du filet social, affilié au Snapap.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djedjiga Rahmani
Source : www.elwatan.com