Alger - A la une

Les inquiétudes du professeur Nibouche



L'Algérie est un long fleuve tranquille. Depuis plusieurs mois, la situation épidémiologique s'est stabilisée. Doucement, les citoyens commencent à retrouver une vie presque normale. Un pari réussi grâce aux mesures prises par les autorités, mais surtout à l'aide de l'implication totale des citoyens. L'heure n'est, toutefois, pas au relâchement. Les spécialistes s'inquiètent même d'une recrudescence de l'épidémie. À l'image du professeur Djamel Eddine Nibouche. Le chef de service de cardiologie de l'hôpital Nefissa Hamoud (ex-Parnet, Alger) met en garde contre ce qu'il qualifie de «dangers qui guettent l'Algérie». Pour lui, le «répit» actuel est dû à la circulation, dans le pays, de souches moins virulentes qu'au début de la pandémie. «C'est ce qui a permis une stabilité réelle de la situation, au vu du nombre réduit de malades hospitalisés en réanimation ou en hospitalisation courante, et ce malgré une baisse considérable des gestes barrières», estime t-il dans un entretien au site électronique TSA. Néanmoins, cet éminent spécialiste craint la dégradation «soudaine» de la situation à la faveur de l'apparition de nouveaux variants, «très virulents». Il parle bien évidemment du britannique et du nigérian, dont une vingtaine de cas ont été recensés dans le pays, ces derniers jours. Mais pas seulement! Cet éminent spécialiste n'écarte pas la possibilité de l'émergence d'un variant algérien. Il justifie ses inquiétudes par «l'importation d'une nouvelle souche des pays voisins, et ce par des mouvements clandestins des populations aux frontières de l'Algérie, mais aussi par les opérations de rapatriement». Le Covid-19 «version bladi» est un risque. On est face à un ennemi invisible et imprévisible. Que faire alors' Les mesures de confinement, reconduites le 2 mars dernier, expirent aujourd'hui. Le gouvernement doit-il resserrer l'étau' Le professeur Nibouche appelle à des mesures pratiques plus rigoureuses. Il parle, notamment, d'une meilleure coordination entre les différents acteurs de cette bataille. «À titre d'exemple, l'Agence de sécurité sanitaire qui doit jouer pleinement son rôle, mais aussi la Commission des enquêtes épidémiologiques», soutient-il, appelant à mettre en place les moyens nécessaires pour jouer au mieux son rôle.«Ces deux organismes doivent coordonner leur action pour une stratégie commune avec le Comité scientifique de suivi de cette épidémie», soutient-il. Enfin, Djamel Eddine Nibouche insiste sur l'accélération de la cadence de la vaccination, à plus grande échelle. «Elle demeure la seule solution valable», a-t-il conclu, avec beaucoup d'objectivité.
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