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Les grévistes de la santé déçus mais décidés à poursuivre leur action Dénonçant le mutisme de la tutelle, ses menaces de ponctions sur salaires et autres sanctions



Les grévistes de la santé déçus mais décidés à poursuivre leur action Dénonçant le mutisme de la tutelle, ses menaces de ponctions sur salaires et autres sanctions
Pour la quatrième semaine consécutive, l'Intersyndicale des professionnels de la santé publique (Ipsp) a organisé, hier, un rassemblement de protestation devant le siège de leur tutelle, le ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière, sis à El Madania à Alger. En comparaison avec les précédentes manifestations, le nombre des présents était relativement réduit. De même que leur enthousiasme et la force de leur action.
«Nous sommes déçus. Indignés par la réaction du ministère de tutelle qui continue à employer des méthodes répressives à notre égard. Les menaces de ponctions sur salaires et les intimidations», lance à la fois en colère et résignée, une femme chirurgienne-dentiste. Elle préfère s'asseoir. Du moins pour le moment. Non qu'elle soit fatiguée ou gênée par le soleil et la forte chaleur mais contrariée, comme elle persiste à le dire, par la réaction des représentants du département ministériel : «On frappe à leurs portes et ils ne veulent pas nous ouvrir. A la télévision, à la radio et d'autres canaux, le ministre et ses collaborateurs n'arrêtent pas de dire que les portes du ministère sont toutes ouvertes au partenaire social. C'est du mépris. Une insulte pour notre savoir et pour notre intelligence.» Et cette même femme de poursuivre, avec autant de colère et d'indignation : «Ils disent que le taux de suivi de la grève est seulement de 18%. C'est un chiffre erroné. Ils sont en train de mentir au peuple mais cela ne les dérange pas. Eux ne se soignent pas ici et leurs enfants n'étudient pas et ne travaillent pas ici. Qu'ils ramènent leurs enfants ici et qu'eux-mêmes se soignent ici, dans les établissements du pays !»
La colère est à son extrême. «C'est malheureux. C'est honteux», lance une autre femme, également chirurgienne-dentiste. «Ils respectent le football mais jamais la santé. La dernière fois, lors de la Coupe d'Algérie, je pense, tous les ministres étaient présents à l'événement. Quant à nous, personne n'est venu nous voir. Ni notre ministre ni les autres. C'est honteux, mesquin et injuste.» La même femme continue de manifester son irritation : «Nous ne leur faisons pas peur parce que nous ne fermons pas les routes, nous ne brûlons pas des pneus. Nous sommes trop sages ! Le dernier d'entre-nous a 45 ans.» Et sa collègue de poursuivre, à partir de cette même remarque : «Ils veulent nous voir passer la nuit ici, installer des tentes. C'est cela qu'ils veulent ' Eh bien, nous allons le faire si nécessaire. Peut être même aller vers une grève de la faim. Ils nous poussent aux situations extrêmes. Ce sera difficile mais nous le ferons. Nous sommes décidés à aller au bout de notre action. Nous allons poursuivre notre combat quel qu'en soit le prix. Ce n'est pas du tout le moment de faire marche arrière.»
En comparaison donc avec les précédentes sorties, la protestation paraît silencieuse. Trop silencieuse même. Mais voilà qu'au bout d'une heure, tout le monde se lève et se met à crier : «Syndicats libres et démocratiques», «Ministre, la santé va très mal», «Ouvrez la porte, nous sommes des médecins et non pas des terroristes», «Dégage ministre, la santé n'est pas bien», «La santé en grève, Ziari à Genève», «La santé est paralysée, Ziari hypnotisé»' et de nombreux autres slogans qui chargent le ministre de la Santé, en premier.
Les policiers commencent alors à se déployer en force. Blouses blanches face aux uniformes bleus. De plus en plus proches, des barrières de police installées pour l'occasion, les séparent. Les manifestants se rapprochent davantage des agents de police. Ils demandent qu'on leur laisse la voie libre pour entrer au ministère. Non. Pas question. L'ordre est venu d'en haut pour les en empêcher. D'autres policiers arrivent.
Ils étaient dans deux grands bus blancs et non pas bleus. Des bus qu'on croyait avoir été réquisitionnés pour le transport d'autres personnes, d'autres corps. Surtout pas des policiers. «Moi, j'appelle ça, le mur de Berlin», lance une manifestante.
Les quatre syndicats poursuivent leurs réunions pour décider des suites à donner au mouvement.
K. M.
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