Alger

LES GOUVERNEMENTS AMERICAIN ET CANADIEN METTENT LA PRESSION SUR L'ALGERIE Formations sur «les modes d'investigation et de recherche financière» et le crime organisé transfrontalier



A défaut d'obtenir du gouvernement algérien un partenariat concret dans la lutte contre la corruption, et ce n'est pas faute d'avoir essayé, les gouvernements américain et canadien mettent la pression sur l'Algérie en multipliant (tout en les finançant) les formations des magistrats et des officiers de police judiciaire et des douanes sur les modes d'investigation et de recherche financière et le crime organisé transfrontalier. Mais ce n'est pas l'Algérie qui est demandeuse de ces formations, mais elle n'ose les refuser, ce serait trop flagrant :
ce sont ces gouvernements qui les proposent. Chacun de ces pays — formés et formateurs — faisant semblant de croire que c'est utile… Deux sessions de formation ont eu lieu la semaine dernière. Une session de formation organisée par le ministère de la Justice sur «les modes d'investigation et la recherche financière» animée par des experts américains s'est ouverte le 25 mars dernier à la Résidence des magistrats à Alger et a duré 5 jours. Cette session a porté sur les techniques de comptabilité financière en matière d'investigation dans les crimes de corruption, notamment le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Elle a été animée par 4 experts américains du Département des recettes internes chargé de la collecte des impôts sur le revenu aux USA. La session s'est déroulée en présence de juges algériens du parquet et d'instruction, d'officiers de la police judiciaire et différents corps de sécurité ainsi que d'agents de la direction des douanes. Cette session s'inscrit dans «le prolongement de la coopération algéro-américaine dans le domaine juridique», a indiqué le secrétaire général du ministère de la Justice à l'ouverture des travaux. L'ambassadeur des Etats-Unis à Alger a assisté à la cérémonie d'ouverture.
Outils juridiques aux magistrats et à la police judiciaire
Autre formation à l'initiative du Canada. Le directeur général des affaires judiciaires et juridiques au ministère de la Justice a souligné, le 26 mars dernier, à Alger, que la lutte contre le crime et le crime organisé transfrontalier passait par la conjugaison des efforts de tous les pays concernés. Dans son intervention à l'ouverture de la session de formation animée par des experts canadiens sur le système juridique anglo-saxon, il a déclaré que «tous les pays doivent se préparer sur les plans humain, structurel et organisationnel pour faire face au crime organisé transnational» qui requiert «la coordination des efforts entre les pays». Cette session de formation de deux jours vise à présenter «les outils juridiques aux magistrats et à la police judiciaire pour lutter contre le crime dans le cadre de la légalité et du respect des droits de l'homme», a-t-il indiqué. Ces outils se sont renforcés par l'adhésion de l'Algérie à toutes les conventions de l'ONU, tant sur le plan multilatéral que sur le plan des conventions régionales et bilatérales. Les conventions que l'Algérie a signées avec des pays européens, africains et arabes «ont permis de renforcer son arsenal juridique en matière de lutte contre le crime et la coopération dans le cadre de la loi sur la prévention et la lutte contre la corruption et la loi sur le financement du terrorisme et la lutte contre la contrebande». Ce colloque, qui s'inscrit dans le cadre de la coopération entre l'Algérie et le Canada, permettra aux magistrats algériens de s'enquérir de l'expérience canadienne qui «concilie les systèmes latin et anglo-saxon en matière de crime et de crime organisé». Cette rencontre constitue une occasion pour élargir les connaissances du juge des peines en matière d'extradition des criminels qui diffèrent d'un système à un autre, a ajouté le responsable. Pour sa part, l'ambassadrice du Canada à Alger a souligné l'importance de cette session de formation encadrée par trois experts canadiens spécialisés dans la lutte contre la drogue et le crime, ainsi que la lutte antiterroriste. En 2011, l'ambassade du Canada à Alger avait organisé deux ateliers, le premier sur les mécanismes internationaux de partenariat dans le domaine pénal antiterroriste et le second sur «la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme». Cette session de formation est organisée au profit de 80 juges de la Cour suprême et des tribunaux régionaux encadrés par trois experts canadiens. Former les magistrats et les officiers de police judiciaire est une bonne chose, mais encore faudrait-il que cette formation serve des institutions indépendantes de l'Exécutif. Malheureusement, en Algérie, nous sommes encore très loin de l'existence effective d'une séparation des pouvoirs, pourtant consacrée par la Constitution. Quant à la volonté politique à lutter contre la corruption et la criminalité transnationale organisée, il faudra attendre…
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