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Les fondements stratégiques de l'intégration maghrébine (II)



Les fondements stratégiques de l'intégration maghrébine (II)
Fondée le 17 février 1989 à Marrakech, l'UMA ne cesse, depuis, de faire du surplace. Les responsables des cinq pays membres (Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie, Tunisie) continuent certes de se rencontrer périodiquement et de développer une coopération bilatérale dans plusieurs domaines, mais sans amélioration substantielle sur le plan des échanges économiques.
La chute des syndicats corporatistes, souvent appendice de pouvoirs bureaucratiques, s'accompagne d'un nombre croissant d'accords collectifs. Les emplois dans la production courante tendent à disparaître comme les agents de maîtrise et d'encadrement impliquant une mobilité des travailleurs, la généralisation de l'emploi temporaire, et donc une flexibilité permanente du marché du travail avec des recyclages permanents étant appelés à l'avenir à changer plusieurs fois d'emploi dans notre vie. Ainsi, apparaissent en force d'autres emplois dont la percée des producteurs de symboles dont la valeur conceptuelle est plus élevée par rapport à la valeur ajoutée tirée des économies d'échelle classiques, remettant en cause les anciennes théories et politiques économiques héritées de l'époque de l'ère mécanique calquée sur le modèle de l'ancien empire soviétique. A mesure que la firme se transforme en réseau mondial, impossible de distinguer les individus concernés par leurs activités, qui deviennent un groupe vaste, diffus, réparti dans le monde. Il s'agira donc pour le Maghreb face à ce monde incertain d'intégrer la théorie de l'intelligence économique pour maîtriser les incertitudes qui met nettement en relief ces mutations en insistant sur le fait que c'est plutôt l'intelligence collective (IC) et non individuelle qu'il s'agit de privilégier afin de favoriser l'émergence et l'interaction positive des différentes parties prenantes composant les organisations, que ces parties prenantes soient internes (salariés, managers) ou externes (fournisseurs, clients), du fait que l'économie est de plus en plus ouverte et que les firmes travaillent avec des parties prenantes éparpillées à travers le monde. D'où l'importance du management des connaissances (knowledge management ou KM) qui requiert plus que jamais la maîtrise appropriée de technologies de l'information et de la communication (TIC). Dans cette perspective dynamique, d'adaptation à ces mutations, les réponses apportées par les pouvoirs publics sont caractérisées par le rapprochement au niveau régional entre les entreprises, les individus et le savoir afin de favoriser les pôles d'activités compétitifs et dynamiques. Cela a des incidences sur le futur système d'organisation à tous les niveaux, politique, économique et social, supposant un bon management stratégique, c'est-à-dire la capacité de coopérer, de communiquer des concepts abstraits, d'animer des groupes complexes et de prendre les décisions au bon moment rapidement afin d'atteindre un Smig dans le consensus entre les différents éléments composant tant de la société que l'entreprise. Aussi, l'objectif stratégique est de repenser tout le système des relations économiques internationales, notamment le système financier mondial issu de Breeton Woods en 1945, inadapté à la situation actuelle de l'économie mondiale qui, d'ailleurs, devrait connaître d'importants bouleversements géo- stratégiques entre 2015/2020. Le Maghreb, la donne euro- méditerranéenne et le défi écologique La crise de l'endettement des Etats a remis au premier plan les questions de croissance et de compétitivité misant pour résoudre le chômage et rembourser la dette sur la seule augmentation du produit intérieur brut et semble mettre de côté les problèmes d'environnement à partir d'une optique purement matérielle. Or, le développement durable suppose la résolution de l équation suivante : certes une croissance soutenue , mais quel profil de croissance et notamment de l'urgence d'un nouveau modèle de consommation énergétique influant sur le modèle de consommation futur axé actuellement sur les énergies fossiles polluantes. Le calcul purement monétaire ne doit pas faire illusion. Ainsi, la compétitivité d'un pays peut diminuer s'il y a détérioration environnemental, se traduisant par une baisse du surplus collectif par des allocations supportées par la collectivité comme le coût des maladies, les congés de maladie. Un trajet aller-retour de 3 km en voiture émet 1,54 kg de CO2, un aller-retour domicile-travail de 30 km émet 332,17 kg/an de CO2. Quant à un trajet par avion Alger- Paris, à titre d'exemple, il dégage plus d'une tonne de CO2 par personne. Chaque jour, 50 à 100 espèces disparaissent, tels que la sole qui a vu sa population chuter de 90% en 25 ans au niveau mondial. La production d'un seul kilo de viande de b'uf demande 4 à 5 kg d'aliments et 15 000 litres d'eau au niveau mondial. Plus d'un milliard d'êtres humains n'ont pas accès à l'eau potable et 250 millions de personnes sont affectées par la désertification. Et si la Chine et l'Inde notamment pour le transport et l'alimentation adoptaient le même modèle de consommation que ceux des pays développés qui concentrent la majorité de la richesse mondiale, qu'adviendrat-il de notre planète ' Or l'économie verte dans le cadre d'une symbiose de développement durable entre le Nord et le Sud sachant que plus d'un milliard d'êtres humains n'ont pas accès à l'eau potable et 250 millions de personnes sont affectées par la désertification peut stimuler la croissance par la création d'unités de haute technicité, grâce à l'innovation tout en préservant l'environnement. Il s'agit de réaliser des choix stratégiques aujourd'hui, des arbitrages qui détermineront le profil de l'appareil productif de demain. Cela peut être une opportunité pour enclencher de nouveaux investissements dans le segment des énergies renouvelables. Le Maghreb peut être une plateforme dans le développement des énergies renouvelables présentant d'importants avantages dont le solaire, en coopération avec des initiatives américaines, asiatiques ou européennes dont Desertec. Concernant l'Union pour la Méditerranée, elle doit être une région de politiques publiques communes, de protection sociale et environnementale élevées et non pas une simple opportunité conjoncturelle d'exploiter les bas salaires ou de capter les hydrocarbures du Sud. L'UPM doit affirmer ses préférences collectives : valoriser la proximité et limiter le transport à très grande distance, coûteux en énergie et en CO2 ; valoriser la complémentarité pour un développement productif et durable ; promouvoir un développement solidaire, véritablement partenarial, incluant des transferts de technologies, des programmes de formation professionnelle et l'amélioration des systèmes sociaux au Sud. Préconiser un retour à un protectionnisme sur des bases nationales n'irait pas dans le sens de l'histoire du monde multipolaire qui s'organise à travers de grandes régions Nord-Sud. Comme le note mon ami, le professeur Jean-Louis Guigou, délégué de l'EPIMED, conseiller auprès de la CEE, il faut faire comprendre que dans l'intérêt tant des Américains que des Européens et de toutes les populations sud-méditerranéennes, les frontières du marché commun de demain, les frontières de Schengen de demain, les frontières de la protection sociale de demain, les frontières des exigences environnementales de demain, doivent être au sud du Maroc, au sud de la Tunisie et de l'Algérie, et à l'est du Liban, de la Syrie, de la Jordanie et de la Turquie passant par une paix durable au Moyen-Orient, les populations juives et arabes ayant une histoire millénaire de cohabitation pacifique. De quelle(s) manière(s) peut-on caractériser les logiques de localisation des activités de production au Maghreb ' Dans quelle mesure présentent-elles des spécificités ' Préfigurent-elles un nouveau mode d'industrialisation fondé sur un processus d'agglomération physique (spatialisation) des entreprises qui succéderait à une vague de dissémination ' Ces nouvelles concentrations géographiques d'activités renvoient-elles à l'émergence de territoires productifs (territorialisation) qui se distinguent d'une simple spatialisation des activités par l'existence d'une gouvernance territoriale propre ' Comment ces modes de territorialisation s'articulent-ils au précédent déploiement spatial des activités, produit d'un mode de régulation fordiste que l'on peut qualifier, en première approche, de périphérique et d'administré ' D'une part, il s'agira d'inscrire les logiques d'acteurs dans des arrangements institutionnels (local, national et international). D'autre part, à travers une approche comparative, il s'agira d'identifier les déterminants spécifiques des dynamiques d'agglomération productive et de dégager le rôle des modes d'action publique (centralisés/décentralisés) sur ces nouvelles dynamiques d'agglomération. Aussi, il serait souhaitable qu'une réflexion collective s'articule autour de quatre axes thématiques. Premièrement, la gouvernance territoriale : il s'agira en ce sens de repérer les acteurs clés (privés et/ou publics, individuels et/ou organisationnels), d'analyser les contextes institutionnels et de proposer une grille d'analyse des modes de coordination de ces acteurs. Deuxièmement, l'attractivité des territoires : il s'agira de mettre en perspective les politiques publiques mises en 'uvre (réglementations et incitations) et les stratégies des acteurs de la globalisation pour mieux comprendre les mouvements de délocalisation et la nature des relations de sous-traitance. Troisièmement, de nouvelles dynamiques productives sur la base d'une approche sectorielle, les logiques d'agglomération et d'organisation productive pour mettre en évidence des processus de désindustrialisation, de restructuration et/ou d'émergence industrielle. (A suivre)
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