Les préparatifs des élections législatives du 10 mai battent leur plein et la course est lancée pour un précieux siège au prestigieux palais Zighoud-Youcef de l'Assemblée populaire nationale (APN). La compétition s'annonce très rude, notamment avec l'affluence importante et remarquable des femmes, imposée par la loi et des candidats indépendants.L'obligation d'introduire 30% de femmes dans les listes des candidats à ces législatives a incité les femmes à se lancer massivement à l'aventure. Certaines ne se sont pas contentées de ce quota, elles ont opté pour des listes constituées entièrement de femmes. Les exemples sont nombreux et les initiatives viennent de plusieurs régions du pays.
«Ce n'est pas uniquement la règle des 30% qui a encouragé les femmes à s'engager dans les élections. C'est l'ouverture et la libération du champ politique qui a motivé cet intérêt et a fait ressortir toutes ces initiatives de l'ombre. Ceci intervient après que nous ayons vécu plusieurs années privées de l'attribution des agréments aux partis et aux associations. La conjoncture politique mondiale est également favorable à ce changement.
Les femmes ont prouvé une fois de plus qu'elles ont une place importante dans les révolutions arabes. Elles aspirent à une vie meilleure et veulent s'impliquer davantage dans la gestion des affaires de leur pays», dira Sabah Bounour, tête de liste indépendante «Egalité et citoyenneté» à Alger. Selon elle, le champ politique a toujours été «la chasse gardée» des hommes.
«Ça a toujours été comme ça dans les partis. La participation de la femme à la politique est un tabou», a-t-elle affirmé. Cet engouement signifie que la femme «est en train de se libérer. Elle est en train de casser ces tabous. C'est maintenant que la femme va faire des choses et elle va les réaliser mieux que les hommes», dira-t-elle.
Cette ancienne députée qui a eu une longue carrière au sein de l'ex- parti unique et qui a été également membre fondatrice du mouvement des redresseurs affirme que la loi sur la participation de la femme dans la vie politique est une «révolution». «Ça n'a existédans aucun pays arabe», précise-t-elle. Mme Bounour regrette le manque de volonté pour sa mise en application. «Ça ne se concrétise pas. On parle beaucoup et on tient les plus beaux discours à ce propos, mais la réalité est tout autre».
Les partis appliquent mal la loi
L'esprit «machiste» empêchera les femmes d'atteindre cet objectif. Les partis politiques n'arrivent pas à trouver les candidates pour remplir leur listes car ils n'ont pas investi dans la formation et l'encadrement des militantes», a-t-elle affirmé. Sa propre expérience témoigne de cette réalité. «Je ne pouvais plus continuer à militer au sein du FLN avec la mentalité qui règne actuellement.
Au mouvement du redressement, j'ai constaté que la place de la femme n'est pas du tout reluisante. Les tabous continuent de gérer sa place et sa façon de participer. J'ai constaté la marginalisation flagrante de la femme au sein de ce mouvement alors qu'elle travaille plus que les hommes. C'est toujours la même chose. La liste d'Alger priorise les hommes âgés.
Ce qui est contraire à l'esprit du changement auquel a appelé le président de la République. C'est la raison pour laquelle j'ai décidé d'entrer en course avec une liste indépendante. L'occasion est favorable pour le changement. Il faut la saisir», a-t-elle affirmé. La liste «Egalité et citoyenneté» est composée de 40 candidats «porteurs d'un projet de société offrant une vie digne aux Algériens dans leur propre pays».
Mme Bonour évoque les difficultés auxquelles sont confrontés les candidats indépendants, notamment en ce qui concerne le manque de moyens. Elle adresse un message au chef de l'Etat pour «aider et faciliter la tâche à ces candidats, que ce soit au niveau administratif ou concernant l'application des dispositions de la loi électorale».
Elle déplore le fait que la commission nationale de surveillance des élections ne compte pas de représentants des indépendants. Le difficile accès aux supports médiatiques et des moyens logistiques pour mener la campagne rend la tâche des indépendants encore plus difficile. Cela s'ajoute au nombre de signatures (14 800 signatures pour Alger) qu'il faut récolter. «Nous menons un gros travail de proximité. Nous avons franchi plusieurs étapes et connu d'autres blocages par le passé. Nous militons car nous ne voulons pas revenir à la décennie noire comme le souhaitent certains», a-t-elle conclu.
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Posté par : archives
Ecrit par : Nouria Bourihane
Source : www.letempsdz.com