"Il urge de cesser d'imputer nos errements aux vicissitudes du temps, mais de se jeter résolument et totalement dans l'intégration d'un marché commun et l'édification d'une fédération des peuples de l'Afrique du Nord", souligne le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD).Le colloque sur l'économie et le coût de la non-intégration, organisé par le parti à l'occasion du1er Mai, a été "l'occasion de favoriser un libre débat et d'affirmer des passerelles entre experts, partenaires économiques et sociaux et l'encadrement politique sur les alternatives que commandent l'innovation et la rationalité des choix dans le respect de la diversité". Les interventions du président du RCD, Mohcine Belabbas, et des experts Abdelhak Lamiri, Ali Benouari, Samy Oussedik, Lahcen Oulhadj et Aram Belhadj ont mis en lumière la gravité de la situation économique actuelle de l'Algérie en proie à une chute drastique de ses revenus pétroliers. Le RCD évoque "un consensus sur le fait que cette crise résulte d'une logique de gestion favorisant les secteurs rentiers". Cette logique a atteint "le terme ultime de son mode de fonctionnement", avec un déficit budgétaire intenable, l'amenuisement du Fonds de régulation des recettes (FRR) et des réserves de change, une chute périlleuse du niveau des investissements et une envolée du chômage à même de mettre en cause la cohésion sociale. C'est là, la conséquence de "l'anachronisme d'un système politique ayant conçu sa survie au détriment du destin de la nation", estime le RCD dans une résolution sanctionnant les travaux du colloque. "Il ressort de ces débats que notre pays est à la croisée des chemins", indique le parti, citant "les principes qui conditionnent le passage d'une économie de rente à une économie de production". Le colloque a souligné l'impératif de valorisation des ressources humaines, condition sine qua non de la performance technologique. Il a été affirmé la nécessité d'orienter les ressources vers une économie productive, de moderniser le système managérial et d'initier une réelle industrialisation du pays. "Ce sont autant d'actions qui se conçoivent par des institutions légitimes et porteuses de valeurs de progrès", soutient le RCD. Sur un autre registre, il a été souligné que l'ampleur des dépenses de sécurité grève lourdement les finances publiques. Ces dépenses totalisent le tiers des dépenses budgétaires, auxquelles il faut ajouter le poste charge commune qui relève du pouvoir discrétionnaire du chef de l'Etat. Leur montant est de l'ordre de 10% de l'ensemble des charges. "C'est dire que dans ces conditions d'opacité et de négation de toute régulation, le développement économique et social du pays reste totalement obéré", lit-on dans la résolution. Le coût de la non-intégration du sous-continent nord-africain a fait l'objet d'intenses discussions. "Ce coût est immense au plan matériel et humain comme au plan politique, bloquant toute perspective démocratique", relève le RCD.Meziane Rabhi
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Rabhi Meziane
Source : www.liberte-algerie.com