Alger - A la une

Les examens sur fond de tension



Le secteur de l'éducation nationale est entré dans une zone de turbulences depuis quelque temps, marquée par la colère des syndicats qui réclament une prise en charge sérieuse de leurs revendications socioprofessionnelles et le climat d'insécurité dans lequel évolue le corps enseignant.Karim Aimeur - Alger (Le Soir) - C'est dans ce climat tendu que les examens du troisième trimestre des trois paliers (primaire, moyen et secondaire) interviennent cette année pour un secteur en pleine effervescence.
En effet, les examens ont commencé hier au niveau des écoles primaires et se poursuivront jusqu'à ce jeudi. Pour les deux autres paliers, les compositions du troisième trimestre auront lieu à partir de dimanche prochain, avant de laisser place aux examens de fin d'année.
Pendant ce temps, la grogne s'aggrave et les syndicats, plus que jamais remontés contre les conditions dans lesquelles évoluent les travailleurs du secteur, menacent carrément de boycotter les examens de fin d'année ainsi que les procédures administratives de clôture de cette année scolaire « pénible » sur tous les plans.
La situation est aggravée par l'insécurité qui règne dans les établissements de certaines wilayas, notamment du sud du pays. L'agression sauvage perpétrée contre neuf enseignantes impuissantes dans leur logement de fonction à Bordj-Badji-Mokhtar a plongé le secteur dans une indignation et une consternation totales. À cela s'est ajouté un autre fait, dans la nuit d'avant-hier, dans la wilaya de Biskra. En effet, un individu muni d'une arme blanche s'est introduit dans le logement de fonction de deux enseignantes, et aurait, en menaçant les victimes, pris tout ce qui avait de la valeur comme les téléphones et les ordinateurs.
Indignés par ce qui s'est passé à Bordj-Badji-Mokhtar, les syndicats ne comptent pas se taire.
Le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur tertiaire de l'éducation (Cnapeste) a appelé les enseignants à prendre part à un mouvement de protestation national aujourd'hui alors que le Syndicat national des travailleurs de l'éducation (SNTE) a décidé de poursuivre son mouvement de protestation.
À Adrar, le secteur traverse une grave crise avec des mouvements de protestation quotidiens pour dénoncer la situation d'insécurité à l'intérieur des écoles, lycées et collèges et exiger sa prise en charge.
Le Conseil national autonome des directeurs de lycée (CNADL) menace, de son côté, de boycotter des examens du baccalauréat, si la tutelle ne répond pas à leurs revendications. Pendant ce temps, le ministère de l'Education nationale poursuit ses rencontres avec les représentants des syndicats entamées depuis quelques jours dans l'objectif d'étudier leurs revendications.
Deux points sont au centre de ces rencontres que le ministre a lancées suite à des instructions du chef de l'Etat. Il s'agit de la révision du statut particulier et du régime indemnitaire. Pénalisés par des salaires qualifiés de « misérables », les enseignants réclament une hausse conséquente afin de faire face à la dégradation de leur pouvoir d'achat. Certains syndicats estiment que le salaire d'un enseignant ne doit pas être inférieur à 80 000 DA si l'on veut sortir ce corps de la pauvreté. Aujourd'hui, ce sont les syndicalistes du Snapest qui seront reçus au siège du ministère alors que l'entrevue avec le Satef est programmée pour ce 27 mai.
K. A.
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