Ils s’en firent gloire. Tous...
4e partie
«Quoique vous nous regardiez comme faibles, nous sommes forts par Dieu, qui est notre maître et notre victoire. Je vous jure, au nom du Dieu qui nous a honorés par l’Islam, qui nous a chéris pour avoir suivi notre seigneur Mohammed -QSSSL- que vous ne posséderez pas la Régence , que vous n’y serez jamais en repos et que vous n’en jouirez pas. Celui de vous qui restera vivant me verra un jour sur le trône d’Alger, et celui de vous qui sera alors à Alger sera sous le sabre des Croyants».A Bugeaud, il écrivait ceci: «Quand ton armée marchera en avant, nous nous retirerons, mais elle sera forcée de se retirer et nous reviendrons. Nous nous battrons, quand nous le jugerons convenable, tu sais que nous ne sommes pas des lâches. Quant à nous opposer aux forces que tu traînes derrière toi, ce serait folie. Mais nous les fatiguerons, nous les harcèlerons, nous les détruirons en détail; le climat fera le reste. Envoie un homme contre un homme, dix contre dix, cent contre cent, mille contre mille et tu verras si nous reculerons. La vague se soulève-t-elle quand l’oiseau l’effleure, C’est l’image de votre passage en Afrique». Les tribus avaient énormément souffert. La stratégie de l’armée coloniale reposait sur la technique de la terre brûlée appliquée systématiquement. Il s’agissait pour les envahisseurs d’incendier et de piller les régions dévastées. Les correspondances des généraux français eux-mêmes nous renseignent sur la guerre d’extermination menée par l’armée française:Â «Nous tirons peu de coups de fusils, nous brûlons tous les douars, toutes les villes, toutes les cahutes... On ravage, on brûle, on pille, on détruit les maisons et les arbres. Pour chasser les idées noires qui m’assiègent quelquefois, je fais couper des têtes». (Saint Arnaud). Les enfumades des populations furent opérées avec l’assentiment de Bugeaud: «Si ces gredins se retirent dans leurs cavernes, imitez Cavaignac aux Sbeha. Fumez-les à outrance comme des renards».
Les documents officiels signalent jusqu’en 1872 comme chapitre du budget les prises sur l’ennemi: il y avait les récoltes, les bestiaux et aussi les êtres humains. «Ce que nous faisons des femmes que nous prenons, on en garde quelques-unes comme otages, les autres sont échangées contre des chevaux et le reste est vendu à l’enchère comme bêtes de somme...» (Montagnac). Bugeaud raflait systématiquement les troupeaux; en mai 1846, les tribus du Djebel Amour, en l’espace de trois jours, furent obligées de s’acquitter d’une contribution de guerre de 3.000 bœufs et 7.000 moutons. Trois tribus de la région de Tlemcen réfugiées en territoire marocain perdirent 1.700 bœufs, 17.000 moutons, 300 bêtes de somme et 30 chameaux. Pour avoir accueilli l’Emir, les «Hmiane» se virent enlever en 1847, 33.000 moutons, 500 chameaux, des chevaux, des tentes... Aux destructions des récoltes, des vergers, aux rafles de troupeaux et d’hommes, il faut ajouter les destructions et les incendies des villages, les contributions de guerre imposées aux populations.
Â
A suivre...
Le Dr Chamyl Boutaleb El-Hassani
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com