Ils s’en firent gloire. Tous...
3e partie
Dès son enfance, l’Emir brillait dans tous les exercices du corps et ce n’est pas là un mérite inutile chez l’homme qui doit commander à une nation guerrière». «La selle était son trône, aussi El-Hadj Abdelkader, à cheval, fut-il sans égal parmi les Arabes, qui eux-mêmes sont d’excellents cavaliers. La longueur et la rapidité de ses courses dépassent les rêves de l’imagination: ce n’est pas une seule fois qu’on l’a vu faire soixante lieues en une seule nuit ou rester, le glaive à la main soixante-douze heures sans mettre pied à terre. Les fatigues et les privations n’avaient aucune prise sur lui; souvent une poignée de blé grillé ou de figues, était son unique nourriture pendant de longues journées, au milieu des courses sans repos et de combat sans trêve.» Voilà des aveux qui ne sont pas les nôtres et qui nous affranchissent sur un homme qui était devenu une légende de son vivant même. Il appela -vainement- ses adversaires à renoncer à l’invasion et faire taire les armes pour laisser place aux échanges pacifiques qui élèvent les peuples au rang de la civilisation, qu’importe leurs différences de races ou de religions. La violence lui étant imposée, il avait en face des hommes qui avaient choisi le métier des armes. C’est-à-dire des militaires professionnels qui avaient basculé -si facilement- dans le banditisme, la perfidie et la barbarie. Bugeaud amena avec lui de nouvelles forces et en une semaine il entrait en campagne à la tête de 120.000 hommes, soit 14 divisions entièrement équipées, avec leur infanterie, leur cavalerie et leur artillerie. II changea également de tactique et opta pour celle qui avait permis aux romains dans les mêmes circonstances d’occuper les deux Maurétanie et la Numidie, c’est-à-dire la mise sur pied de colonnes qu’il plaça sous le commandement des généraux Lamoricière, Youssouf, Marey-Monge, Saint-Arnaud et de lui-même, avec pour mission de contrôler le territoire d’Est en Ouest. Le 25 octobre 1845, l’agglomération de Taount fut détruite sur ses ordres. Le chevalier de la Foi les défia, ignorant que les lois de la chevalerie ne s’appliquent pas à la guerre coloniale: «J’ai appris que vous vouliez m’attaquer avec 50.000 hommes ou plus. Je ne crains pas, avec l’aide de Dieu, le nombre de vos soldats. Vous savez que mon système n’a que huit ans d’âge, tandis que le vôtre dure depuis près de deux mille ans, que vous avez des troupes nombreuses et de nombreux instruments de guerre. Eh bien! Donnez-moi des instruments de guerre que je vous payerai avec de l’argent; alors, je réunirai des troupes, la moitié seulement des vôtres, et nous combattrons. Ou bien restons chacun dans les pays qui sont dans nos mains, d’ici à douze ans alors, mon royaume aura vingt ans d’âge; chaque année de mon royaume comptera pour un siècle du vôtre et nous combattrons»...
le Dr Chamyl Boutaleb El-Hassani
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com