Alger - A la une

Les étudiants ont réinvesti la rue



Depuis le 22 février, début de la mobilisation massive des Algériens contre le système politique, les étudiants ont fait face à de nombreux obstacles, maintenant contre vents et marées une dynamique citoyenne que l'Histoire ne manquera pas d'écrire en lettres d'or.Hier mardi, il faisait très chaud à Alger. Mais le soleil de plomb qui régnait sur la ville n'a pas empêché les étudiants de battre le pavé, pour le 22e mardi consécutif, depuis le 22 février, pour demander le départ des symboles du système dont le changement radical est réclamé avec détermination.
C'est aux environs de 10h que les universitaires ont commencé à se rassembler au niveau de la place des Martyrs, d'où s'est ébranlée la manifestation, 30 minutes plus tard.
Les manifestants ont emprunté l'itinéraire habituel de ces derniers mardis. Alors qu'un dispositif sécuritaire imposant a été déployé dans la ville, les étudiants ont évité tout contact avec les cordons de police qui barraient le passage vers le tribunal de Sidi-M'hamed, le siège de l'APN, encerclaient la Grande-Poste et fermaient la place Audin.
De la place des Martyrs à la Grande-Poste, en sillonnant quelques rues principales du centre-ville, dont le square Port-Saïd, Larbi-Ben-M'hidi, Pasteur, boulevard Amirouche et Audin, les manifestants ont lancé des slogans hostiles au chef d'état-major, exigeant le départ des symboles du système dont Abdelkader Bensalah et Noureddine Bedoui et ses partis, à leur tête le FLN et le RND.
Réclamant un gouvernement de compétence nationale, les manifestants plaident pour une transition démocratique gérée par des hommes et des femmes crédibles, sans aucun lien avec le système qui a mené le pays vers cette dangereuse impasse. Ils persistent et signent qu'ils n'accepteront aucune élection ni aucun dialogue tant que les figures décriées du système sont encore en place.
De nombreux étudiants écartent même de prendre un congé cette année, même si la période des vacances est arrivée, préférant rester mobilisés et maintenir la contestation jusqu'au départ du système politique. «Ils (les gens du pouvoir) ne veulent pas comprendre ni avoir honte de subir une contestation aussi massive que radicale qui se poursuit depuis près de six mois. On leur dit qu'on ne va pas s'arrêter sans obtenir le changement radical », lance un étudiant à des journalistes qui l'interrogeaient sur la mobilisation ininterrompue des universitaires. Les manifestants ont appelé à l'instauration d'une justice indépendante, réclamant la libération des détenus d'opinion, citant le moudjahid Lakhdar Bouregaâ dont l'emprisonnement a suscité un sentiment d'indignation nationale.
Les étudiants ont réclamé, en outre, la libération des jeunes incarcérés pour avoir brandi le drapeau amazigh lors des marches, criant basta au racisme et au régionalisme.
Pour les étudiants, la demande de libération des détenus d'opinion et des porteurs du drapeau amazigh ne doit pas être un préalable au dialogue, mais juste une exigence à satisfaire. Tout comme ils ont appelé au respect de la liberté de la presse. Hier, comme chaque vendredi depuis plusieurs semaines, des chaînes de télévision sont chassées par les manifestants, leur reprochant la déformation et le détournement des revendications.
Karim A.
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