Sortis pour le 21e mardi consécutif, les étudiants ont sillonné tout le centre d'Alger, la capitale en criant au départ des restes du système politique et la reconstruction de l'Algérie sur les principes de la liberté et de la justice sociale. Fidèles à leur cause, les universitaires réaffirment leur attachement et dévouement à l'édification d'un Etat de droit, libre et démocratique. Ils ont fait montre de maturité, de lucidité et de résistance.Bien que le nombre des étudiants qui a manifesté hier à Alger et dans certaines villes du pays ait baissé, leur détermination et volonté de réussir leur projet, en soutien au mouvement populaire observé chaque vendredi, demeure intacte et inébranlable. Ni les vacances, ni la chaleur suffocante n'ont dissuadé le collectif des étudiants d'emprunter leur voie habituelle de contestation. La rue. Peu après 10h30, le premier groupe d'étudiants arrive à la Place Maurice Audin et se rassemble sur place, en attendant l'arrivée des autres. Une tribune est ouverte pour discuter et débattre de la situation actuelle du pays, qui, de plus en plus, devient délicate et préoccupante.
«Il faut de la patience et de la persévérance pour atteindre nos objectifs et chasser le pouvoir qui s'est enraciné depuis des décennies dans le pays», commente Yassir, qui a pris la parole devant ses camarades qui l'applaudissaient. Avant même de terminer son discours, les voix se lèvent et crient à la libération des détenus d'opinion et à la l'indépendance de la justice. «Au bout d'un moment, j'avais cru en la reformation de la justice et sa purge, mais ces dernières semaines, je ne crois plus en cette machine judiciaire déferlent sur tout de façon arbitraire», indique Manel, étudiante en science politique. Elle a témoigné de l'interpellation de l'une des militantes des droits de l'Homme, devant ses yeux.
Anis, son frère, également étudiant s'est contenté de hocher les épaules. «C'est ces pratiques que nous dénonçons, aujourd'hui», apostrophe Amir qui, comme les autres membres du collectif des étudiants, refusent de céder à la pression et réitèrent leur volonté de poursuivre leur combat. 11h50, le nombre des étudiants qui a rejoint la manifestation s'agrandit. Le cortège des étudiants se dirige vers la Grande-Poste pour ensuite s'emparer de chaque place laissée libre par les policiers mobilisés pour surveiller la manifestation et quadriller le centre d'Alger afin d'étouffer les manifestants. Une pratique devenue courante et prévisible depuis quelques semaines. Calmement c'est dans une ambiance bon enfant que les étudiants arpentent les ruelles d'Alger-Centre.
Par moment ils se protègent du soleil sous les arbres, mais n'abdiquent guère. Une main sur la bouche et l'autre levant le drapeau national flottant dans les airs. Pour cette nouvelle manifestation estudiantine, les protestataires introduisent un nouveau mode d'expression. Se couvrir la bouche et ligotant les mains, en signe de répression. «Même si nos regards sont rivés vers notre équipe nationale, notre projet populaire ne sera jamais impacté», réplique Kamyl, qui répondait à un passant qui lui disait que le mouvement s'essouffle et le peuple s'est dévié de son objectif depuis le début de la Coupe d'Afrique. En effet, cet événement a suscité le doute de certains sur la solidité du mouvement populaire, ces temps derniers. «Détrompez -vous monsieur, le mouvement garde la même intensité, mais l'Algérien est toujours fier de tout exploit et mérite honorant notre belle patrie», lui répond Yasmine qui continuait à scander «Algérie libre et démocratique. Un État civil et non militaire». «Nous devons poursuivre notre lutte, sans aucune concession.
Le dialogue est exclu avec le pouvoir en place», indique Mahieddine, un membre actif du collectif des étudiants qui profite de l'occasion pour sensibiliser ses camarades sur la nécessité de maintenir la pression sur le pouvoir et de renforcer le mouvement sous toutes les coutures. Un recul signerait sa mise à mort. Des paroles auxquelles applaudissaient les manifestants. «Il faut balayer les rumeurs et rester sobre pour aller de l'avant. Je préfère l'insolation que de rentrer chez moi», ironise Kamyl, son drapeau attaché au poignet. Le soleil s'impose, les manifestants aussi. Dans le calme et l'espoir de gagner la Coupe d'Afrique ainsi que la Révolution populaire, les étudiants rentrent chez eux et recouvrent leur routine, en attendant mardi prochain.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samira Takharboucht
Source : www.lnr-dz.com