Permis de séjour au compte-gouttes, convocations humiliantes par les services de sécurité, les étudiants algériens en Egypte sont maintenant la cible de rafles aléatoires. Stratégie « préventive » ou suspicion généralisée, même les services diplomatiques algériens ont du mal à déchiffrer le message que veulent délivrer les autorités égyptiennes. Alors que le nombre d'étudiants algériens en Egypte ne cesse de croître, particulièrement à l'Institut de la Ligue arabe qui compte cette année près d'un millier d'inscrits algériens toutes filières confondues, les obstacles et les tracasseries de toutes sortes semblent se démultiplier au même rythme sinon davantage. Il en est ainsi des titres de séjour censés couvrir au moins l'année universitaire qui ne sont plus délivrés que pour une durée d'un mois. Omar B, étudiant à la faculté de droit se plaint : tous les mois, je suis obligé de me présenter au Mougamâa (une sorte d'immense bâtisse administrative chargée de la gestion des étrangers (NDLR) et de m'acquitter de 25 dollars pour finalement me voir accorder un titre de résidence temporaire valable un mois, comment me consacrer à mes études dans ces conditions ?». Certains étudiants se voient convoqués dans les locaux de la police sans motif apparent et encore moins fondé pour se voir interrogés sur leurs pratiques religieuses : quels prêches écoutent-ils ? Leur épouses portent-elles le Niquab ? Ils passent ainsi des journées entières sous l'oeil distrait des policiers qui regardent... la télévision. Tout récemment, cet acharnement a connu des développements inquiétants en prenant l'allure de rafles. Deux étudiants algériens ont été arbitrairement choisis parmi leurs camarades, arrêtés et relâchés uniquement sur leur nationalité dont on peut supposer qu'elle est préalablement connue, chose qui valide la thèse de la surveillance. L'attitude des autorités égyptiennes qui stigmatise par ces humiliations toute une catégorie d'étudiants uniquement sur leur origine, on ne peut dans ce cas, même pas évoquer le délit de faciès connu sous d'autres cieux. Ceci a de quoi surprendre au moment où le marché algérien a ouvert ses portes béantes aux entreprises égyptiennes qui, elles, font des profits juteux. Pour compléter le tableau et y voir un peu plus clair, il est bon de rappeler que le Raïs égyptien a coutume d'invoquer le « repoussoir » algérien pour justifier tout absence d'ouverture démocratique dans son pays. Mais qui a exporté son intégrisme ?
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Posté par : sofiane
Ecrit par : notre correspondant au Caire
Source : www.lequotidien-oran.com