
Il n'est, en effet, un secret pour personne que les jeunes Algériens - au niveau d'instruction bas et/ou sans aucune formation professionnelle, s'entend - sont devenus réfractaires aux travaux manuels.Si la réalité du chômage dans notre pays ne peut aucunement être remise en cause et ce, même si son ampleur est sujette à divergences, la responsabilité des étrangers dans son occurrence n'est, en revanche et pour le moment, du moins, aucunement établie. Surtout que leur nombre est somme toute fort réduit.Comparativement à la masse des nationaux en âge de travailler, s'entend: les premiers ne dépassent pas, en effet, selon des sources concordantes, les 140.000 individus, dont 40.000 Chinois, originaires de...125 pays, alors que les seconds, selon le rapport de l'ONS (Office national des statistiques) publié en avril 2014, sont presque 12 millions d'âmes, dont, à peu près, 1200.000 en situation de chômage. Ce qui représente, selon le même rapport, un taux de chômage national de 9,8%; un taux, faut-il le préciser, que nombre de parties aussi bien en Algérie qu'à l'étranger contestent fortement au prétexte que les données sur lesquelles il a été établi ne sont pas fiables.C'est, d'ailleurs, au même argument de manque de fiabilité que font appel les opposants à la thèse selon laquelle la présence de la main-d'oeuvre étrangère participe à son aggravation, pour la rejeter.Outre la faiblesse numérique de celle-ci, y compris celle des travailleurs chinois - pour rappel, leur nombre selon des sources officielles, n'excède pas, tous secteurs confondus, les 40.000 individus -, ceux-ci avancent, en effet, d'autres arguments. Liés, pour certains, à la relation au travail que développent depuis quelques années les jeunes Algériens. Et, pour d'autres, qui découlent des précédents, au penchant qu'ont ces mêmes jeunes à aller à de «petits boulots» moins, ou plutôt, nullement, contraignants physiquement, mais beaucoup plus rémunérateurs pécuniairement. Il n'est, en effet, un secret pour personne que les jeunes Algériens - au niveau d'instruction bas et/ou sans aucune formation professionnelle, s'entend - sont devenus réfractaires aux travaux manuels. S'exprimant sur le sujet du temps où il était en charge du secteur du travail et de l'emploi et de la sécurité sociale, Tayeb Louh, l'actuel ministre de la Justice, avait alors déclaré que lesdits «jeunes ne sont attirés que par les métiers de chauffeur ou d'agent de sécurité». De là, à l'évidence mais sans qu'elle soit la seule explication, la grande difficulté que rencontrent les entrepreneurs, publics et privés, exerçant dans les secteurs de la construction et des tavaux publics et nombre d'exploitants agricoles à trouver la main-d'oeuvre nécessaire à la réalisation des projets qui leur ont été confiés, pour les premiers, et au travail de leurs terres, pour les seconds.Une difficulté qui les pousse à recourir, dans de nombreux cas, d'une manière illégale, à la main-d'oeuvre étrangère. Généralement, parmi celle originaire de l'Afrique subsaharienne, en situation irrégulière dans notre pays.Un constat qui ne disculpe aucunement lesdits opérateurs économiques et exploitants agricoles: en sous-payant leurs travailleurs et en ne respectant pas la législation en vigueur leur enjoignant de déclarer ces derniers et ce, même s'ils ont été recrutés à titre temporaire ou en qualité de saisonniers, nombre d'entre eux participent à détourner une partie de ces jeunes des secteurs dans lesquels ils exercent. Et là, il faut dire qu'ils ne sont pas rares parmi ces entrepreneurs et exploitants agricoles à trouver leur compte dans l'emploi de la main-d'oeuvre étrangère. Et ce, pour les mêmes raisons précitées qui ont fait fuir les jeunes Algériens. Sauf qu'il serait quelque part malhonnête de leur attribuer l'entière responsabilité de la situation décrite ci-dessus: ces derniers, les jeunes, s'entend, ou du moins une partie d'entre eux, y ayant également la leur. Beaucoup d'entre eux se sont, en effet, orientés vers l'exercice de «petits boulots», non pas de tout repos, mais assurément nettement moins pénibles physiquement que ceux que leur auraient offert les secteurs de l'agriculture, de la construction et des travaux publics. Et, surtout, très attrayants sur le plan des revenus.Ce qui n'aurait pas posé problème si ces «petits boulots» n'étaient pas exercés en marge de la légalité; ceux-ci relevant, pour nombre d'entre eux, du commerce informel et, dans certains cas, fait particulièrement dangereux, du trafic de drogue. De là, l'impérieuse nécessité pour les pouvoirs publics de réglementer l'exercice des premiers, et de combattre fermement le second. Dans les deux cas, il s'agit de l'avenir d'une frange de notre jeunesse...
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mourad BENDRIS
Source : www.lexpressiondz.com