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Les enseignants du primaire posent leurs conditions



Le calendrier officiel du ministère de l'éducation nationale a fixé le 19 décembre prochain pour le début des vacances d'hiver. Ce département a également consacré la première semaine des vacances pour le suivi des cours de remédiation pédagogique pour les classes d'examens nationaux. Or, ce dispositif bute sur l'absence de textes de loi. N'étant pas rémunérés, notamment pour le cycle primaire, des enseignants refusent d'assurer ces cours.Salima Akkouche ? Alger (Le Soir) - Dans le but de renforcer les capacités d'apprentissage des élèves des classes d'examens de fin de cycle, le ministère de l'éducation nationale a mis en place un dispositif de remédiation. Les enseignants sont ainsi tenus d'assurer des cours de remédiation, pendant la première semaine des vacances scolaires, au profit des élèves. À sa mise en place, le dispositif n'a pas soulevé une grande contestation. Cependant, actuellement, les enseignants, notamment ceux du primaire, refusent d'assurer ces cours durant les vacances prochaines. Les ponctions sur salaire qu'ont subies les enseignants du primaire suite à leur mouvement de grève sont à l'origine de cette vague de contestation. Les enseignants estiment qu'aucun texte de loi ne les oblige à assurer cette tâche qui reste facultative. D'autant que ces enseignants, contrairement à leurs collègues des cycles moyen et secondaire, ne sont pas rémunérés pour ces heures supplémentaires. Boualem Amoura, secrétaire général du Satef, a indiqué que «même s'il n'y a aucune obligation et aucune loi, nous ne pouvions pas, par éthique et déontologie, refuser d'assurer ces cours et priver les élèves des classes d'examens de renforcer leurs capacités d'apprentissage». Cependant, rappelle-t-il, «chaque travail a un salaire et les enseignants ont le droit de refuser d'assurer ces cours, du moment qu'ils ne sont pas payés». D'ailleurs, en 2016, rappelle M. Amoura, les syndicats ont réussi a arracher l'accord de principe de l'ancienne ministre de l'éducation nationale pour payer les enseignants du primaire qui dispensent les cours de remédiation. «C'est une injustice. Ces enseignants doivent être payés comme les autres», dit-il. Or, à travers une correspondance adressée récemment aux directeurs des établissements et de l'éducation, le ministère de l'éducation nationale a expliqué que c'est aux collectivités locales d'assurer le budget des enseignants du primaire qui devront assurer les cours de remédiation. C'est «aberrant», estime le SG du Satef. Selon lui, «il n'existe aucun article dans le budget des collectivités locales, primitif ou supplémentaire, qui parle de budget pour les enseignants du primaire. C'est au ministère de l'Education nationale d'assurer ce budget». De son côté, Meziane Meriane, coordonnateur du Snapest, estime «qu'il faut avoir les moyens de sa politique».
Selon lui, les heures supplémentaires doivent être revalorisées en fonction du salaire de l'enseignant. «L'enseignant doit être encouragé et considéré. Les heures supplémentaires doivent être rémunérées et encore, si l'enseignant veut bien les assurer», dit-il.
S. A.
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