Courage - Envoyés au «front» pour donner des cours à des «bataillons» d'étudiants, beaucoup d'enseignants assurent l'encadrement à un grand nombre d'étudiants, dépassant ainsi les normes internationales dans ce domaine.
Appelés à encadrer trois ou quatre binômes durant l'année universitaire, plusieurs enseignants se trouvent obligés d'encadrer plus de 10 binômes en fin de cycle. Cette situation pose un sérieux problème aux enseignants qui subissent de la sorte une véritable pression.
«Demander aux enseignants d'encadrer 10 travaux ou plus de recherche annuellement, relève de l'impossible, car l'enseignant ne peut pas le supporter, la charge est trop lourde, surtout quand on sait qu'il est appelé à préparer ses cours, enseigner, à faire de la recherche permanente, à publier des articles scientifiques'»,affirme Abdelhak, enseignant de philosophie à l'université de Batna. En outre, et comme le laissent entendre plusieurs professeurs, il n'y a pas une répartition égale des groupes d'étudiants préparant leur mémoire de fin d'études entre les enseignants.
«Il y a des enseignants qui encadrent deux ou trois groupes et d'autres qui en encadrent plus de neuf, et malheureusement la prime d'encadrement est la même pour tout le monde. Trouvez-vous cela logique '», s'interroge notre interlocuteur. Et que fait l'administration pour régler ce genre de problème ' «L'administration exerce indirectement la pression sur les enseignants, car au lieu de penser à régler ce problème, elle se montre indifférente à l'égard des étudiants et les pousse à se débrouiller seuls. Et comme ils n'ont pas d'autre alternative, ces derniers font pression sur leurs enseignants afin qu'ils acceptent de les encadrer dans leur mémoire de fin d'études malgré leur programme chargé, ainsi, beaucoup d'enseignants cèdent aux demandes de leurs étudiants pas pour recevoir des primes mais parce qu'ils ont une conscience professionnelle et ne peuvent se résoudre à laisser les étudiants livrés à eux-mêmes, même s'ils savent qu'avec cette charge très lourde ils ne peuvent pas leur assurer un encadrement sans faille», affirme Samira, étudiante en quatrième année, à la faculté des sciences politiques et de l'information de l'université d'Alger 3.
«Il faut être introduit»
Hayat qui confirme ce manque d'encadreurs, révèle, quant à elle, que même l'encadrement est maintenant tributaire des recommandations et introductions qu'on peut avoir. «J'ai réussi à avoir un enseignant encadreur grâce à l'aide d'un enseignant d'une autre université qui a appelé mon enseignant à la faculté qui, pourtant au début, ne voulait pas m'encadrer à cause de son programme chargé, mais qui a fini par accepter parce qu'il connaît l'enseignant qui m'a recommandée», raconte-Hayat. Sans commentaire !
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Info Soir
Source : www.infosoir.com