Alger - A la une

Les enquêtes toucheront plusieurs wilayas



Des doutes pèsent sur les dysfonctionnements de certaines installations de production et de distribution d'eau intervenus durant les deux jours de l'Aïd. C'est ce qu'affirme le DG de l'ADE, emboîtant le pas au Premier ministre qui n'a pas exclu des actes de sabotage. Les enquêtes qui seront lancées vont situer les responsabilités et faire la lumière sur ces actes condamnables.Abdelhalim Benyellès - Alger (Le Soir) - C'est en ces termes que Smaïn Amirouche, DG de l'ADE, s'est exprimé, hier lundi, sur les ondes de la Chaîne 3, signalant à l'occasion que lors de son déplacement à la veille de l'Aïd à Tipaza, le Premier ministre a émis des doutes concernant des pannes répétées au niveau de la station de dessalement de Fouka. Pour cela, il dira qu'«on a eu énormément de doutes sur le fonctionnement de certaines installations», précisant que des arrêts répétitifs et des actes de sabotage ont été observés, «aussi bien à Alger qu'ailleurs». Où doivent être situées les responsabilités ' Le DG de l'ADE fera savoir que « les enquêtes qui seront lancées vont situer les responsabilités et faire la lumière sur les actes ». Pour cela, il dira qu'« on a eu des doutes sur ces coïncidences à chaque événement religieux ou national, où il y a des coupures et des arrêts ainsi que des actes d'agression sur les installations ».
Des enquêtes sur tout le territoire national
Parlant des enquêtes, il dira qu'elles concernent aussi bien Alger que d'autres wilayas. Pour le cas de la station de dessalement d'eau de mer de Fouka, une action judiciaire a été enclenchée contre X. Alors qu'ailleurs, où il y a eu des arrêts de forage et de stations de pompage, les pouvoirs publics doivent déterminer « quelle est l'origine exacte de ces arrêts ».
Au niveau national, le DG de l'ADE fait savoir qu'il a été enregistré plusieurs types de dépassements, citant le piquage illicite d'eau et l'agression contre les conduites pendant les deux jours de l'Aïd et même à la veille de l'Aïd. Dans ce sens, il a indiqué que l'intervention de la Gendarmerie nationale a permis de constater les dégâts sur les installations de production, de transport et de stockage d'eau.
L'Algérie enregistre 50% de pertes d'eau
L'invité de la Chaîne 3 rappelle que l'Algérie enregistre un taux de pertes d'eau égal à 50%. « Il s'agit de pertes physiques de 30% constituées de fuites, et de 20% de pertes financières qui ont rapport au piquage illicite synonyme de vol », précise-t-il.
Pour le cas de la capitale, le taux de pertes est évalué à 40% (18% de vol d'eau et 22% de pertes physiques).
À ce sujet, il fait savoir qu'un plan est élaboré à l'horizon 2024 visant à réduire ces pertes à 15%, alors qu'au niveau national, un plan est établi pour la rénovation de 2 000 km de conduites par an, pour la réduction des pertes à 18%, précise-t-il.
Comment assurer la disponibilité de l'eau '
70% d'Algériens sont alimentés au quotidien en eau, 14% un jour sur deux, alors que 11% reçoivent l'eau un jour sur cinq et même plus.
Le DG met l'accent sur les deux dernières tranches impactées, qui selon lui, bénéficient de projets en cours de réalisation. Pour un pays considéré comme aride et semi-aride, l'Algérie a opté pour le dessalement, annonçant à l'occasion que 17% d'eau distribuée est produite par les stations de dessalement.
Pour cela, il dira que la politique nationale 2040-2050 permettra de produire 50% d'eau à partir de stations de dessalement, renvoyant ceci aux contraintes des changements climatiques qui influent négativement sur le niveau des nappes souterraines et le taux de remplissage des barrages.
Un comité interministériel travaille dans le sens de multiplier ces installations, a-t-il souligné. Dans ce chapitre, il a rappelé que l'Algérie dispose de 11 stations de dessalement, dont le premier projet réalisé par la Sonatrach à Oran date de l'année 2001, alors que le premier en matière d'investissement est celui de Hamma mis en service en 2008.
Vers la restructuration de l'ADE
70 milliards de dinars ont été mobilisés pour réaliser les barrages et les transferts dans le cadre de la réhabilitation du système d'eau potable, au moment où parmi les 10 millions de m3/jour produits en Algérie, seulement 5 millions de m3 parviennent au consommateur.
Le DG ajoutera que l'ADE affiche des pertes « sèches » puisque le coût du m3 s'élève à 50 DA, et il est vendu au consommateur à 60,30 DA, alors que la facture de consommation de l'électricité s'élève à 80 DA pour le m3 d'eau.
Pour le redressement de cette situation de déficit, l'ADE œuvre à réduire le taux de pertes à 18% à l'horizon 2030.
Mais à court terme, l'ADE trace un programme de restructuration par la création des SPA au niveau local afin d'améliorer la gestion de proximité de l'eau.
Ce qui doit être accompagné par le transfert de gestion de l'eau par 588 communes vers l'ADE, conclut enfin Smaïn Amirouche.
A. B.
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