
Comme chaque 1er novembre, la Télévision nationale nous programme des films sur la révolution. Bien sûr, il y a des films qui sont intouchables comme La bataille d'Alger de Gillo Pentecorvo, mais aussi l'Opium et le Bâton d'Ahmed Rachedi. Cette semaine, les deux principales télévisions les plus regardées par les Algériens, A3 et Canal Algérie ont programmé les éternels films Les enfants de Novembre de Moussa Haddad, magnifiquement enrôlé par la musique envoûtante d'Ahmed Malek et Canal Algérie a programmé depuis hier le feuilleton El Harik de feu Mustapha Badie, également marqué par la musique majestueuse de Lamine Bechichi. Curieusement, les téléspectateurs algériens n'ont jamais détrôné ces oeuvres qui ont constitué le sommet de la création audiovisuelle et cinématographique algérienne sur la révolution. Curieusement encore, plus de 50 ans après la réalisation et production de ces oeuvres aucun cinéaste ou réalisateur n'a pu les détrôner. Des milliards de dinars ont été dépensés entre Télévision nationale, ministère de la Culture et ministère des Moudjahidine mais aucun film n'a réussi à séduire le public et les professionnels ou à égaler leur talent. L'échec des oeuvres était général: ni création ni scénario et encore moins de mise en scène ou de musique comme l'a si bien fait Ahmed Malek à son époque. C'est la descente totale vers l'abîme du cinéma et de l'audiovisuel. Aujourd'hui, aucun réalisateur algérien ne s'est intéressé à faire une fresque cinématographique comme l'a si bien fait en 1964 Mustapha Badie (premier film du cinéma algérien) La nuit a peur du soleil, un film qui n'a pas été trop projeté en raison de sa vision sociale plus importante que la vision politique. On dira plus tard que Boumediene n'a pas aimé ce film et avait interdit de le diffuser, car il montre un caïd devenu chef politique à l'indépendance. La Nuit a peur du soleil est une imposante fresque de plus de trois heures pour le cinéma, il s'attelle à une relecture de la société algérienne durant la décennie 1952-1962. En quatre tableaux «La Terre avait soif», «Les Chemins de la prison», «Histoire de Saliha» et «Histoire de Fatma», Mustapha Badie n'hésite pas à en dire beaucoup en un seul film. Il a regroupé dans son casting, les plus prestigieux comédiens de l'époque dont Mustapha Kateb, Taha El Amiri, Agoumi, Nouria et Djamila. Le film de Badie impressionne aujourd'hui par sa classe et par son niveau technique. Le film a été présenté dans quelques salles, puis à la télévision, mais il a été boudé par la suite. Autre film resté au sommet, sur la révolution, demeure Les enfants de Novembre réalisé par Moussa Haddad, qui a fait ses armes comme assistant aux côtés de Gillo Pentecorvo dans La Bataille d'Alger. L'histoire de Mourad Bensafi a ému les Algériens. Interprété avec brio par Abdelkader Hamdi. Ce dernier a vécu dans l'anonymat et quitta ce monde dans une situation très critique, puisqu'il est devenu fou comme ce fut le cas de Brahim Hadjadj, qui interpréta le rôle de «Ali La pointe».[email protected] /* */
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amira SOLTANE
Source : www.lexpressiondz.com