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Les élèves du lycée de mathématiques poursuivent leur protestation Le directeur de l'Académie d'Alger-centre s'est déplacé hier à l'établissement



Les élèves du lycée de mathématiques poursuivent leur protestation Le directeur de l'Académie d'Alger-centre s'est déplacé hier à l'établissement
Photo : Sahel
Par Karima Mokrani

Les élèves du lycée national de mathématiques de Kouba (Alger) maintiennent leur mouvement de protestation, déclenché la semaine dernière contre l'administration. Leur grève de la faim, ils l'ont arrêtée, mais ils poursuivent celle des cours.
Hier encore, ils se sont rassemblés au niveau de la grande cour de leur établissement et ont réitéré leur détermination à aller jusqu'au bout de leur revendication: celle d'assurer les meilleures conditions de travail. Ils ont surtout affirmé leur v'u de rester au lycée et de maintenir le projet tel qu'il a été conçu initialement. «L'élite veut une réparation de la situation. Le maintien du projet et non pas la déperdition», indique une large pancarte à l'entrée du lycée, à côté de trois autres, écrites en langues différentes, mentionnant le conflit entre les élèves et l'administration. Des pancartes qui ne passent pas inaperçues, suscitant non seulement la curiosité des passants mais aussi leur indignation. «Ils jouent avec l'avenir des enfants. Ils ont vraiment arnaqué les parents. C'est le mot, c'est de l'arnaque. Ils n'étaient pas préparés pour le projet. Pourquoi le lancer, alors que le minimum de moyens pédagogiques fait défaut '», interrogent des citoyens, interpellés par la situation de détresse des enfants. Une enseignante de l'établissement sort de son silence et lance avec une grande colère: «Je ne peux pas me taire sur ce qui se passe. L'administration nous accuse d'être derrière cette action protestataire, alors qu'elle vient des lycéens eux-mêmes. Ils agissent de leur propre gré, ne pouvant plus supporter la situation actuelle.» Des élèves et des parents d'élèves témoignent que beaucoup de choses manquent dans ce lycée censé être un pôle d'excellence. Ils sont «angoissés» et «fatigués». Ils «dorment en classe parce qu'ils ne dorment pas assez la nuit, au dortoir. C'est l'anarchie». Les cours, «ils les révisent au réfectoire et ce dernier n'est pas chauffé. La salle des ordinateurs n'a été nettoyée que dernièrement. Il y avait de la poussière partout. Les laboratoires ne disposent pas du matériel nécessaire.» Dans les salles de classe, «ils sont exposés au soleil et bien sûr, leurs micro-ordinateurs avec eux». Les armoires ne sont «pas du tout solides. Ils leur ont promis de les remplacer par d'autres mais la promesse n'a pas été tenue. A peine s'ils ont ramené cinq ou six nouvelles». Des enfants «continuent de mettre leurs bagages dans des cabas en raison de ce manque d'armoires»'et «d'autres problèmes encore». Plus encore, «la violence verbale dans cet établissement. Des insultes à l'égard des enfants et aussi des enseignants». Autres problèmes : «le manque de quatre enseignants et d'adjoints de l'éducation». Un agent de sécurité affirme sa désolation : «La situation est critique. Nous ne comprenons pas où est la faille exactement.» Dernière information, le directeur de l'Académie d'Alger, Mohamed Mesbah, était hier à l'établissement. Il s'est entretenu avec quatre élèves, représentant l'ensemble de leurs camarades. Les résultats de cette rencontre n'ont pas été rendus publics. Aucune réaction officielle, non plus, du ministère de l'Education nationale. C'est pourtant un grand problème. Un projet de pôle d'excellence qui tombe à l'eau et pour des raisons pas du tout convaincantes: manque de quelques moyens pédagogiques et de quelques enseignants. Budget insuffisant. Pourquoi alors s'engager ' Depuis le début de ce conflit, les syndicats du secteur ont brillé par leur absence. Ils feignent d'ignorer le problème. Peut être aussi que ça ne les intéresse pas. Aucun de ces syndicats n'a prononcé mot sur la détresse de ces enfants, encore moins sur le devenir de cet établissement.
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