Photo : S. Zoheir
Par Samira Imadalou
La maîtrise de la chaîne des coûts et la régulation du marché passe impérativement par l'organisation des réseaux de distribution quel que soit le secteur de production. Or, de l'approvisionnement en matières premières, en passant par la fabrication, le stockage, la distribution, avant d'arriver à la livraison finale aux consommateurs, les dysfonctionnements sont nombreux. Surtout en matière de distribution ou les lacunes se font le plus ressentir. Rupture de stocks, pénurie sur le marché et spéculation sont régulièrement soulignées. Tout simplement, pour non application des concepts de la Supply Chain (SC), un procédé qui a déjà fait ses preuves. Ce qui fait qu'aujourd'hui, la distribution est loin d'être maîtrisée en raison aussi de la multiplication des intervenants et de l'absence des services de contrôle sur le terrain. Il y a en parallèle une forte intervention du côté de l'informel dont les acteurs se taillent la part du lion dans plusieurs segments de distribution. Ils en sont les barons. Ils imposent leur monopole. Les conséquences sont là aujourd'hui.
A chaque fois qu'une crise survient dans une filière, c'est la distribution qui est mise en cause. C'est en tout cas l'explication que donnent les responsables en charge du secteur concerné. «Le problème réside dans la distribution», avance t-on comme argument sans
proposer en parallèle des solutions efficaces. Les exemples sont nombreux. Il y a eu la crise de la pomme de terre, la pénurie de lait en sachet, celle des médicaments, la crise de l'huile et du sucre en janvier 2011, la crise récurrente du ciment et bien d'autres cas.
Cette situation persiste. Pourquoi ' Parce qu'à l'instar des pouvoirs publics, les entreprises ne jouent pas le jeu. Elles sont encore aujourd'hui nombreuses à continuer à travailler de manière archaïque au niveau de tous les maillons de la supply chain notamment en matière de distribution. Ce qui crée des tensions sur le marché. Elles sont en effet rares les entités économiques qui ont compris la nécessité de compter sur la SC pour maîtriser les coûts et être efficace économiquement. Mais aussi pour réussir à s'imposer sur l'échiquier économique dominé par le commerce selon les résultats du dernier recensement économique. Un commerce dont les opérateurs sont loin d'être conscients de la nécessité d'adopter les normes de la distribution. Et ce d'autant qu'il est majoritairement informel. Les experts du Cabinet Ernest and Young qui ont eu à animer une série de conférences sur ce sujet ont d'ailleurs longuement débattu autour de cette question. Ils ont même souligné que la SC à travers toutes ses étapes ne fera que promouvoir «le made in Algeria» et attirer l'investissement étranger. «Les opérateurs intéressés par des projets de partenariats avec des entreprises algériennes s'enquièrent systématiquement des capacités des entreprises algériennes dans la maîtrise des opérations d'approvisionnement, production et distribution», avait expliqué à ce sujet l'un des représentants du bureau d'Ernest and Young à Alger pour expliquer l'importance de la maîtrise de la distribution. Une fonction qui constitue aussi l'un des points phares qui «fera gagner ou perdre des parts du marché à l'entreprise.» C'est en effet le cas. Les quelques producteurs qui se sont dotés d'un réseau de distribution efficace ont préservé leur place alors que ceux qui travaillent sans compter sur ces bases ont fini par perdre des parts de marché importantes. Etre performant, c'est prendre en considération tous les aspects de la logistique. C'est aussi une manière de contribuer à la promotion du «Made in Algeria» face à l'invasion des produits importés en les rendant plus disponible sur le marché.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S I
Source : www.latribune-online.com