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Les droits humains en recul en Algérie Selon Mohamed Smaïn et Mostefa Bouchachi



Les droits humains en recul en Algérie                                    Selon Mohamed Smaïn et Mostefa Bouchachi
Les droits de l'Homme ne se portent pas bien en Algérie, contrairement à ce que soutiennent diverses voix officielles. Le constat a été établi par le militant Mohamed Smaïn - emprisonné récemment avant d'être libéré- et Mostefa Bouchachi, ex-président de la Laddh et actuel député du FFS. S'exprimant avant-hier à l'occasion d'un débat sur «la situation des droits de l'Homme en Algérie et les mécanismes de protection de ces droits», organisé par le FFS, les deux conférenciers ont dressé un tableau peu reluisant de la situation des droits humains dans notre pays. Avis partagé par les deux conférenciers : le combat pour les droits humains est indissociable de celui de la construction démocratique. Mohamed Smaïn, militant pour la vérité sur les disparitions forcées des années 90, ne se fait pas d'illusions. «Faire avancer les droits de l'Homme ne peut pas se faire dans un Etat de non-droit», tranchera t-il. Militant des droits de l'Homme depuis les années 80, Mohamed Smaïn, aujourd'hui âgé de 69 ans, estime qu' «il n'y a pas un iota de changement dans le respect de l'humain et du citoyen». Il soutient que «le pouvoir ment sur les droits de l'Homme». Pour lui «tant que le système actuel est toujours en place, il n'y aura pas de droits de l'Homme en Algérie, car ces droits ne peuvent pas être assurés et défendus par des corrupteurs et des criminels».
À propos des poursuites judiciaires menées par un tribunal suisse à l'encontre de Khaled Nezzar, Mohamed Smaïn déclare que «l'accusation n'est pas uniquement attribuée, elle existe. Elle est réelle». Et de soutenir que l'ex-général «est responsable des massacres dans le sens où il était le «premier responsable militaire du pays». Pour le conférencier, ce n'est qu'un début. «D'autres, comme Nezzar, seront aussi poursuivis.»Lui succédant, M. Bouchachi a indiqué que «personne ne peut aujourd'hui soutenir que la dignité et les droits des Algériens sont garantis». La cause, dira t-il, réside dans la vérité selon laquelle «la nature du régime n''uvre pas à rendre heureux les citoyens, ni à préserver leur dignité. L'objectif a toujours été la construction d'un système politique». L'ancien président de la Ladhh mit par la suite en évidence le silence et la rétention de l'information qui entourent la violation des droits humains en Algérie. Il a illustré cet état de fait par une comparaison entre le nombre important de rapports régulièrement publiés au Maroc et en Tunisie et l'omerta entretenue en Algérie. Bouchachi fait par ailleurs un constat de résignation dans la lutte pour le respect des droits humains. Il s'est ainsi montré déçu des attitudes démissionnaires des élites et de la société civile qui ont abandonné le combat des droits de l'Homme. Pour Bouchachi, «la société ne milite pas assez» pour le respect de ses droits. Ce qui a fortement aggravé leur recul, visible au quotidien. Le conférencier a critiqué également la mise de l'autorité judiciaire sous contrôle du pouvoir politique.
A. Y.
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