Alger est en pleine mutation. Une fois n'est pas coutume, une projection de ce que sera la ville à moyen terme est présentée par la wilaya, dans une série de communications régulières. L'objectif est d'en faire un joyau de la Méditerranée. Le challenge, faire d'Alger «une ville emblématique, qui se transforme en restant elle-même». Un défi de taille qui prend en charge tous les aspects liés à l'esthétique, aux commodités et à la qualité de la vie dans une cité. Le tout est transcrit dans ce qui est appelé le Plan stratégique de développement d'Alger à l'horizon 2029. Pour les projets prioritaires, inscrits dans le plan quinquennal 2012-2016, il y a le programme d'aménagement et modernisation, réparti en quatre plans (projet de structuration est mobilité, de cohésion, de revitalisation et de la baie).
Une enveloppe financière de 200 milliards de dinars lui est réservée.
Pour le plan de réhabilitation, appelé «plan blanc», le projet touchera dans une première phase les immeubles situés dans l'hyper-centre d'Alger. Ce «relooking» prendra en charge non seulement les façades, mais concernera également les caves, les terrasses et les cages d'escaliers, aussi bien que les trottoirs, le mobilier public et les différents réseaux (électriques, téléphoniques'). Une charte publique pour fixer les standards (formes, couleurs) est établie. L'opération pilote (de réhabilitation) est menée au niveau des rues Larbi Ben M'hidi, Zighoud Youcef, Didouche Mourad, de Tanger, Malika Gaïd et les rues menant vers les placettes (square Port Saïd, Grande-Poste, allée de la Mémoire, place Emir Abdelkader). Il s'agira, ensuite, d'étendre ce travail au niveau des sept communes du Centre avant d'élargir la surface.
Dans ce «plan blanc», il est également prévu la prise en charge et l'embellissement des promenades de l'Indépendance et de la Grande-Poste, sans oublier le réaménagement de la baie d'Alger, dont une partie sera livrée dès l'été 2013 (4,5 km). Les habitants et visiteurs de la capitale pourront ainsi profiter de l'une des plus belles rades du monde sur le front de mer, au niveau des Sablettes. Le plan de mobilité, quant à lui, prévoit une série de projets d'infrastructures routières dans l'objectif de faciliter la mobilité et la circulation motorisée des Algérois.
Un macro-maillage du réseau routier incluant tous les systèmes de transports (bus, tramway, métro, train et téléphérique) est lancé. Ainsi, des projets d'infrastructures routières sont fixés comme objectif. Il s'agit de l'aménagement de la pénétrante du Ravin de la femme sauvage, de la pénétrante du 1er mai, de l'élargissement et requalification du Boulevard-11-Décembre 1960 (El Biar-Val d'Hydra), des liaisons Châteauneuf-Chéraga, Châteauneuf-Rocade sud, El Mouradia-Riad El Feth ainsi que Tripoli Mohammadia. Pour le transport des personnes, des gares routières sont programmées dans le plan mobilité, dont une à Bir Mourad Raïs, une autre à Zéralda et une troisième à Dar El Beïda. Pour décongestionner la circulation dans la ville d'Alger, cinq parkings à étages sont en cours de réalisation à El Biar, Hydra, El Madania, Sidi M'hamed et Kouba. Trois autres verront le jour à Sidi Yahia, Boumati et Chéraga. En tout, ces parkings offriront une capacité d'accueil de près de 7 000 places.
Pour ce qui est de la gestion des espaces verts, le plan stratégique d'Alger établit 23 macrostructures écologiques nommées «agriparcs». Des espaces qui auront pour fonction de préserver les espaces agricoles utiles de la capitale, à l'image de ce qui est déjà entrepris à
Kheraïssia (340 ha) et Chéraga (2 223 ha). Il s'agira, en parallèle, de valoriser les espaces naturels autour de ces exploitations et de la promotion des activités de loisirs et de détente. Il est également prévu de réhabiliter les espaces verts existants ainsi que la création d'autres.
Le «plan bleu», s'attèle à prendre en charge tout ce qui a trait à l'élément vital qu'est l'eau. Ainsi, selon les responsables de la wilaya, 100% des eaux usées seront récupérées dès 2016. S'ils affirment avoir besoin d'une enveloppe supplémentaire de 40 milliards de dinars pour régler définitivement le problème de ces eaux à Alger, ces responsables assurent que dans moins de quatre années aucune goutte d'eau usée ne sera déversée dans la mer.
Elles serviront plutôt à alimenter les surfaces agricoles et celles des espaces verts. Le «plan bleu» porte sur l'alimentation de la ville en eau potable, la reconquête du trait de côte, l'assainissement des eaux usées, le traitement des eaux pluviales, la réutilisation des eaux épurées, la problématique des inondations et l'aménagement des oueds. Ainsi donc, et dans ce compte rendu non exhaustif de ce qui est prévu pour Alger dans les vingt années à venir, on mesure toute la complexité de la gestion d'une cité. Rappelons qu'il ne s'agit ici que de réhabilitation et de la modernisation de la ville dans son aspect purement infrastructurel. Car, pour donner une âme à la cité, il faudrait aussi créer une dynamique de vie communautaire basée sur la citoyenneté. Mais cela est une autre histoire.
S. A.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samir Azzoug
Source : www.latribune-online.com