
Comment faire renchérir les prix du baril de pétrole, réduire la production sans faire éclater l'Opep ' Depuis le mois de juin 2014, les membres du cartel tentaient en vain de trouver la solution à ce lancinant problème. Le fruit n'était pas mûr. Les positions de l'Arabie saoudite, premier pays producteur de pétrole ont à chaque fois retardé le consensus, mieux, elles ont multiplié les divergences au sein de l'organisation pétrolière. En réalité, les obstacles sont plus complexes, il y avait des rites et règles non écrites mais solides, qui empêchaient le cartel de se mouvoir dans sa propre compétence commettant une grave erreur et négligeant la discipline pétrolière. Les pays exportateurs de pétrole réunis aujourd'hui à Alger ont l'opportunité pour saisir et appréhender le système complexe dans lequel par leur expérience, position et ambition, ils se sont laissés enfermés au sein de l'Opep. La prise de conscience date de l'année 2014 et a été mise en relief par l'Algérie, le Venezuela, la Russie et la Nigeria. Depuis, ce fut l'espoir déçu de faire baisser la production et de faire remonter les cours pétroliers. C'est encore une fois l'Arabie saoudite qui a été le premier obstacle à cette prise de conscience. C'est aussi la révélation de l'égoïsme des pétrodollars. La perception de cette réalité qu'il fallait que les membres du cartel prennent conscience du danger de la crise et surtout trouver un accord pour réduire la production, du même coup faire entendre leurs voix et faire prévaloir leur point de vue dans les vis-à-vis de la crise économique mondiale. Ces péripéties montraient bien la volonté de l'Algérie de ne pas aller trop vite, de s'interdire de toute décision susceptible de faire éclater l'Opep et en même temps le front pétrolier en général. Mais puisque l'on sait qu'il est acquis, rien ne justifie plus le statu-quo ni d'en faire un préalable. Plus, en maintenant la production actuelle à son niveau, le risque serait grand de voir l'Opep perdre de sa puissance, une sorte de frein économique à ses membres, un état de fait défavorable en tout genre. En effet, l'écrasement des prix du baril de pétrole a littéralement dévasté les finances et les économies des pays exportateurs. Faute de gagner et de réussir leur développement, ces pays ont dû renoncer à nombre d'investissements. Il leur a fallu au contraire économiser sur les équipements, rogner sur les dépenses de tous ordres, ajourner la mise en route de nouveaux investissements, une très faible productivité industrielle. Dans ces pays, les investissements que l'on n'a pu financer hier font actuellement défaut aujourd'hui. Au cours du Forum d'Alger, seule la transcendance des égoïsmes et des divergences permettrait au cartel de gagner le pari. C'est la question cruciale qui se pose et partant combien hypothétique objectif de cette rencontre et qui doit logiquement déboucher sur une stratégie immédiate et à long terme. La situation a atteint le seuil dramatique sur le plan financier et économique des pays producteurs d'or noir. Les cours du brut arrivent difficilement aujourd'hui à se maintenir à 30 et 40 dollars. L'ampleur de la dégringolade du baril de pétrole est de plus en plus surprenante. A tort si l'on en juge d'après l'évolution récente des autres matières et produits sur le marché mondial et dont les prix se sont multipliés par quatre.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : B C
Source : www.lemaghrebdz.com