Photo : M. Hacène
Par Y. Bouarfa
La compagnie pétrolière, nationale Sonatrach a procédé à la signature d'un protocole d'accord portant sur le rachat, à hauteur de 100%, du capital social de la société sportive par action SSPA/MC Alger. Ce protocole d'accord définit le procédé de rachat du club ainsi que l'engagement des deux parties afin de concrétiser l'opération d'acquisition de toutes les actions du SSPA/Mouloudia Club d'Alger.
Le protocole en question a été paraphé par le président-directeur général de la société pétrolière, Abdelhamid Zerguine, qui était assisté de Bedja Omar, le directeur exécutif finances. Du côté de la SSPA/MCA, Abdelkader Bouhraoua, président du conseil d'administration du doyen, a paraphé le document qui définit la procédure de cession du Mouloudia d'Alger et son retour sous les ailes de la compagnie nationale numéro un. Si dans le fond la décision parait salutaire et permettra aux formations de l'élite de bénéficier d'une manne financière non négligeable par ces temps de crise, dans la forme la décision reste purement inégalitaire et injuste dans la mesure où la Sonatrach est tout simplement une entreprise publique. Elle doit, avant tout, contrôler l'argent qu'elle met à la disposition ou dans les caisses des clubs, sa destination et, surtout, qui va gérer cette manne. Vu la crise dans la laquelle se débattent les clubs et le manque de visibilité d'une politique sportive, générale dans le pays, il est impossible d'y répondre de manière claire. Place donc au doute et aux interrogations. En décidant de reprendre en main le MC Alger dont elle fut propriétaire durant des années jusqu'à sa sortie en 2008, la société pétrolière a ravivé les espérances des milliers de fans du doyen des clubs, qui voient en ce retour aux affaires du club une chance inouïe de redorer le blason d'un club terni par une gestion chaotique durant la dernière décennie. La Sonatrach va-t-elle éponger les dettes colossales qui se sont accumulées durant des années, résultantes d'une gestion catastrophique ' Les principaux dirigeants qui ont mené le club à la dérive seront-ils maintenus ' Ces mêmes dirigeants incompétents et irresponsables resteront-ils à la tête du club avec le retour de la Sonatrach ' Tout porte à croire que oui ! Très souvent, aujourd'hui, les dirigeants, l'encadrement sportif, les managers, les entraîneurs (dans certains cas), les intermédiaires sont plus dangereux pour le sport que ne le sont les investisseurs. Qui dit investisseurs, pense automatiquement à l'argent. Or, on se rend compte que plus l'argent a d'importance dans le sport, plus les
pratiques douteuses se multiplient dans les milieux sportifs tels le football. Pour stopper le phénomène, ne faudrait-il pas limiter l'apport d'argent des investisseurs afin de couper court au lien si direct entre l'argent et les démons du sport ' Le sport de compétition est mû par un souhait permanent de se dépasser, d'aller plus loin et cette quête de la performance constitue, évidemment, le premier risque d'excès. Il est clair que l'argent recrée un démon supplémentaire et multiplie les risques de corruption, malheureusement, ces problèmes sont endogènes aux sports de compétition. Plus que les montants d'argent apportés au sport, c'est la manière dont ils vont être gérés qui va se révéler plus dangereuse. Après l'engouement des investisseurs, une communication vers le sport de masse était plus envisageable pour aider à l'éclosion des jeunes talents. Aujourd'hui, on constate une véritable fracture sportive entre le football, médiatique, télévisé, avec beaucoup d'argent, et le sport de masse, le sport de pratique quotidienne où ce sont des préoccupations de santé et de bonne forme physique qui priment. Il est intéressant de noter la mutation de la stratégie de l'investissement qui, jusqu'à la fin des années 1990, se contentait d'acquérir des droits d'image et de la visibilité sur les principaux stades et championnats alors qu'aujourd'hui ils ont fait une mutation totale de leur investissement en consacrant beaucoup plus d'argent au football qu'au sport d'élite. De nos jours, les investisseurs consacrent 60% de leur investissement au football à travers des opérations envers les licenciés, tels les clubs engagés dans des compétitions internationales.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Y B
Source : www.latribune-online.com