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Les deux pays bâtissent sur du solide



Les deux pays bâtissent sur du solide
Les présidents Abdelaziz Bouteflika et George W. BushLa période de «glaciation» des relations entre les deux pays aura duré moins de 20 ans.Le quarante-cinquième président des Etats- Unis d'Amérique ne partira pas de rien pour ce qui concerne les relations de son pays avec l'Algérie. Outre une ville américaine qui porte le nom du fondateur de l'Etat algérien «El Kader», l'histoire algéro-américaine remonte à la fin du XVIIIe siècle déjà. Le premier ambassadeur américain en terre musulmane l'a été en Algérie. De fait, le prochain homme fort des Etats-Unis d'Amérique, comme ses prédécesseurs, a sur quoi reposer en matière d'histoire. Cela pour dire que le mot «Algérie» est revenu plusieurs fois dans les propos des dirigeants US. L'on notera le beau message de félicitations de John Fitzgerald Kennedy, à l'occasion de l'indépendance de l'Algérie. Et avant cela, le même JFK, alors sénateur des Etats-Unis, a défendu l'Algérie combattante, jusqu'à froisser un allié de toujours en la personne du président français de l'époque, le général de Gaulle. Les relations entre les deux pays, empreintes de respect mutuel ont connu leur premier couac, au lendemain de l'indépendance, lorsque le président Ben Bella avait fait escale à Cuba de retour à Alger après un séjour à New York à l'occasion de l'entrée officielle de l'Algérie à l'ONU. Cet acte éminemment politique a éloigné idéologiquement les deux pays l'un de l'autre. Même si l'Algérie a opté pour la voie du non-alignement plus tard, il reste que les stigmates d'une brouille demeuraient bien visibles, à travers notamment le saccage du Centre culturel américain à Alger en juin 1967, en pleine guerre israélo-arabe. Un signal fort qui a certes détruit les relations diplomatiques, lesquelles sont tombées au degré zéro, lorsqu'en prenant la tête du mouvement des pays non-alignés en 1973, l'Algérie ne croisait les Etats-Unis que pour se retrouver comme adversaires. Les mouvements de libération en Afrique, les guérillas communistes en Amérique latine, la grande question de l'Apartheid quand en 1975, Bouteflika, à l'époque ministre des Affaires étrangères et président de l'Assemblée générale de l'ONU avait exclu les représentants du régime raciste sous le regard médusé du délégué US, dont le pays était allié de Prétoria. Il y a eu aussi la possibilité offerte par l'Algérie au président palestinien Yasser Arafat de s'adresser au monde à partir de la tribune des Nations unies. Cela sans oublier la guerre qu'a engagée l'Algérie contre l'impérialisme US et pour le nouvel ordre économique mondial, plus juste pour en finir avec l'exploitation des richesses des peuples. Autant d'épisodes qui ont élargi la faille, mais sans atteinte au respect mutuel entre les deux pays. On retiendra, à ce propos, le voeu de Nixon de s'entretenir avec Boumediene. Le président US a fait quelques pas avec son homologue algérien dans les jardins de la Maison-Blanche. Un geste rarissime qui traduit la considération que se portent les deux nations qui ont eu dans le passé pas mal d'atomes crochus, ne serait-ce que leurs guerres de libération nationales respectives.La période de «glaciation» des relations entre les deux pays aura duré moins de 20 ans. En 1981, le travail exceptionnel réalisé par la diplomatie algérienne dans l'affaire des otages américains détenus par l'Iran a commencé par briser la glace au plan politique, même si durant toutes les années de brouille les deux pays commerçaient dans le pétrole et le gaz, avec des échanges qui se montaient à plusieurs milliards de dollars. Le premier acte de dégel officiel est intervenu en juillet 2001, avec la visite du président Bouteflika. à peine 3 mois plus tard, l'Amérique est frappée au coeur par le terrorisme. l'Algérie propose son exper-tise et son expérience et depuis les relations n'ont cessé de s'approfondir. Au fil des années, les deux pays ont divergé sur nombre de sujets. La campagne d'Afghanistan, la guerre d'Irak, le démantèlement du Moyen-Orient, le soutien inconditionnel à Israël, sont autant de points de divergence. Sur tous ces sujets, l'Algérie a exprimé son opinion en toute souveraineté, que les USA respectent et n'ont à aucun moment tenté de faire pression sur Alger. Bien au contraire, sur le dossier libyen et pour le Sahel, les Américains souscrivent à la vision algérienne et le font savoir au monde entier, et en premier lieu, à leurs alliés arabes.De fait, l'idéologie mise à part, le rapprochement algéro-américain qui repose sur une histoire plusieurs fois centenaire, est promu à un bel avenir. En 2016, le partenariat algéro-amérciain touche de nombreux domaines. Les firmes américaines construisent avec leurs homologues algériennes des turbines à gaz, gèrent des fermes agricoles de plusieurs dizaines de milliers d'hectares, produisent des médicaments et projettent un pôle de bio-technologie, le quatrième du genre au monde. Et la coopération n'est qu'à ses débuts. Il faut dire qu'après des débuts «chahutés» par l'idéologie, les deux nations ont puisé dans le respect qu'elles se vouent pour construire un solide partenariat. Quelle que soit l'identité du prochain président, la coopération technique se poursuivra. Enfin espérons-le.
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