
Encore une finale à forte nostalgie. MCA-NAHD, la 52e finale postindépendance, n'est pas une affiche si inédite que ça. Tellement les affiches qui ont jalonné l'histoire de ces deux clubs ont été de franches retrouvailles. Sur le terrain et en dehors.MCA-NAHD, c'est d'abord une histoire en commun. Que de beaux souvenirs ! Le MCA né en 1921 a été fondé par d'authentiques fils de Hussein-Dey. Les Bensiam père (Mahmoud) et fils (Benyoucef) sont les plus célèbres personnages ayant participé au «combat» présidant au lancement et à la promotion du premier club musulman en Algérie. Des militants qui ont tout sacrifié : biens, amis et familles. Cette famille a aussi été derrière la création, en 1947, du Nasr Athlétique Hussein-Dey avec, bien évidemment, le précieux et désintéressé concours de la direction du Mouloudia d'Alger. D'autres noms, moins connus mais si généreux, ont mis la main à la pâte. Sans rien réclamer en retour. Et l'histoire se poursuivra avec des échanges de plusieurs générations de dirigeants, joueurs et entraîneurs. L'histoire retiendra surtout l'exode de talents formés à l'école des Sang et Or vers le camp mouloudéen. Presque tous bien accueillis chez le Doyen, sans être «répudiés» par les siens. Chabane Merzekane, Abdelwahab Maà'che, Mustapha Teggar, Youcef Meziane, Sid-Ahmed Khedis et d'autres encore, que la mémoire oublie ! Des entraîneurs aussi : Amar Boudissa, Ali Fergani et tout récemment Meziane-Ali Ighil ont façonné, tant bien que mal, le jeu des Vert et Rouge. Plutèt rares sont les joueurs formés au MCA qui ont migré vers le club de l'ex-Vauban. Pour de nombreuses raisons, dont le drastique impératif économique : le club mouloudéen a souvent été mieux nanti financièrement, Sonatrach oblige, que les banlieusards du Milaha. Les Nahdistes n'avaient pas les moyens mais faisaient de la fabrication de talents un label. Le Mouloudia d'Alger n'était pas, à ce titre, le seul club en Algérie et même outre-mer à vouloir s'attacher les services de footballeurs formés à Bensiam-Stadium.Deux faits de l'histoire sont également à rappeler : en 1974, les dirigeants du MC Alger vont aller à la recherche de deux perles formées par les V Noirs de la JSM Skikda. Il s'agit d'Aà'ssa Draoui et Mourad Naà'm. L'accord en poche, la direction du club de la capitale les fait signer aussitôt arrivés à Alger. S'interposait alors la dérogation de l'armée pour qualifier les deux virtuoses au sein du MCA. Draoui sera finalement recruté par le MCA alors que Naà'm est redirigé vers le NAHD. D'anciens membres de la direction mouloudéenne regrettaient l'implication de feu Slimane Hoffmann, l'un des hommes forts du pouvoir algérien sous Houari Boumediène, également président du”'nAHD, pour que l'ailier gauche de la JSMS rejoigne les Sang et Or alors qu'il avait apposé sa signature sur le document devant le lier au MCA. Dans un des rares entretiens accordés aux médias algériens, Mourad Naà'm expliquait, en août 2006, à nos amis d'InfoSoir, qu'on l'a obligé à signer au profit du NAHD. A la question de savoir si Draoui a émis le vœu de le rejoindre au NAHD, Mourad Naà'm répliquait sèchement : «Non, au contraire c'est moi qui devais le rejoindre au MCA, mais comme j'étais militaire à cette époque-là , on m'a obligé d'opter pour le NAHD. C'était un véritable ami. Nous avons fait toutes nos classes ensemble jusqu'en équipe nationale.»Le second épisode interviendra en 1982, quelques semaines après le retour de la sélection d'Espagne. Rabah Madjer, l'un des héros de l'épopée de Gijon, non content de ne pas bénéficier d'une dérogation d'évoluer en Europe, décide de mettre un terme à sa carrière. Il en sera dissuadé par des amis qui lui proposaient de rejoindre le Mouloudia. Malgré une préparation estivale passée avec l'équipe de Kaoua Abdenour, dans un temple de Bologhine archiplein à chaque séance, Madjer n'est pas certain de débuter la saison sous le maillot du MCA. Arrive alors le match NAHD-MCA au stade du 20-Août : Madjer est annoncé de retour mais personne ne sait dans quelle équipe. Le stade municipal est bondé de monde, même les toitures des tribunes sont occupées par les fans des deux formations. La fête promise se transforme en drame dès lors que les deux équipes entrent sur la pelouse. Madjer est dans le camp de son club de toujours, la toiture du virage sud s'écroule. 13 morts et des dizaines de blessés sont dénombrés. Une page noire dans l'histoire du football national. Les rendez-vous MCA-NAHD ne seront, depuis, que rarement des moments de joie. Un soir du printemps 1985, les deux équipes s'affrontaient au stade du 5-Juillet. Le MCA luttait pour son maintien. La partie, un match de mise à jour, se dirigeait vers une parfaite égalité (1-1, Maà'che répondait au but de Meghichi Saà'd) quand, suite à un corner, Farid Zemiti, qui a servi à la barre technique des deux teams, se hisse plus haut que tout le monde et reprend le cuir d'une tête rageuse au fond des bois d'Aà't Mouhoub Nacer (82'). Le stade est consterné, le MCA descendra en Division régionale. Cruel destin pour un Doyen qui connut sa seconde relégation depuis l'indépendance. Dimanche prochain, l'Histoire retiendra de nouvelles leçons”?
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M B
Source : www.lesoirdalgerie.com