
Un nouveau gouvernement à plusieurs messages. D'abord, les deux ministres d'Etat, Ouyahia et Belkhadem, nommés à la mi-mars et remerciés, un mois et demi, n'auront pas eu le temps de défaire leurs valises. A ceci près que Ahmed Ouyahia conserve son poste de chef de cabinet du président de la République. Fin des titres honorifiques. Ce 3e gouvernement Sellal compte plus de femmes. Elles étaient quatre dans le précédent gouvernement. Elles sont sept femmes aujourd'hui dans un gouvernement qui compte 34 membres comme le précédent. Même si le départ de Mme Souad Bendjaballah de la Solidarité et surtout de Mme Khalida Toumi qui quitte la culture après avoir passé 12 années à ce poste, ne doivent pas répondre aux mêmes motifs. Les postes régaliens ne changent pas de titulaires. La Défense, l'intérieur, la justice et les AE ne «bougent» pas. C'est le socle de la stabilité. Par contre, de fortes raisons ont dû pousser à changer le ministre de l'éducation, Baba Ahmed, en période d'examens. Signe de solidité des institutions qui «restent» quand les hommes «passent». Voilà pour la partie des messages politico-philosophiques. L'autre volet de ce gouvernement qualifié de «combat» peut être abordé d'abord par les départs. C'est à peu près le tiers du gouvernement qui a été «débarqué». Pour être plus précis, ils sont 10 à partir sur les 34 membres que compte le gouvernement. Parmi les partants, nous trouvons ceux dont les performances ont été plutôt «maigres» comme le commerce ou le tourisme. Il y a également ceux qui sont «épuisés» comme aux finances, aux moudjahidine ou aux affaires religieuses. Pour d'autres, c'est visiblement le cas par cas qui a prévalu. Le reste du gouvernement se subdivise en deux parties. Ceux qui ont été maintenus à leur poste ou à tout le moins au sein du gouvernement, au total 18, sont «auréolés» de la sanction positive. Ils sont connus et n'ont pas besoin d'être présentés. Même si Tahmi perd la jeunesse au profit de Khomri, un «revenant», pour ne garder que le sport. Deux ministères au lieu d'un, c'est dire la tâche qui attend et l'un et l'autre. Une autre curiosité est la disparition du ministère chargé de la Réforme du service public, mais pas du ministre, Mohamed El Ghazi, qui a pris la place de Benmeradi au travail et à la sécurité sociale. Ce qui est tout de même «l'épicentre» de la bureaucratie. Donc, pour El Ghazi la lutte continue. On a évoqué plus haut un «revenant». Il n'est pas le seul puisque Bouchouareb revient à l'industrie qu'il avait quitté en...1997. On ne peut voir là que des qualités puisque le fer de lance du gouvernement sera la diversification et le développement du tissu industriel. Le challenge est terrible. Comme celui qui attend Benyounès qui passe au commerce. Et nous arrivons aux nouveaux promus. Ils et elles sont 14. Il y a ceux qui sont complètement inconnus du grand public. On les suivra à l'oeuvre pour mieux en parler. Il y a ceux qu'on connaissait dans d'autres activités. Comme Hamid Grine, journaliste et écrivain, qui est nommé ministre de la Communication. Là on ne peut pas dire qu'il ne connaît pas le secteur. Le redresser c'est tout autre chose et reste même pour lui un challenge. Il y a aussi l'ancien maire d'Alger-Centre, Tayeb Zitouni, qui se voit confier le portefeuille des moudjahidine. Il a l'âge des moudjahidine lorsqu'ils avaient pris les armes pour libérer le pays. Ils étaient tous jeunes à l'époque. En effet, la valeur n'attend point le nombre des années. Puisque les hommes n'ont pas réussi à faire décoller le tourisme, deux femmes sont chargées de cette mission. Si elles réussissent, ce sera un bon «camouflet» pour les hommes. Les finances sont confiées à l'ancien adjoint de Djoudi et était en charge du budget. Donc dans ce secteur, c'est la continuité. Le plus grand message de ce gouvernement se trouve dans les «départs»!
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Zouhir MEBARKI
Source : www.lexpressiondz.com