Alger - Revue de Presse

« Les dénis de mémoire encouragent la répétition des crimes »



« Cette rencontre s'inscrit dans la continuité de notre séminaire interdit à Alger (en février 2007 intitulé "Pour la vérité, la paix et la conciliation") et que nous avons fini par organiser à Bruxelles en Belgique. Mais cela n'avait pas la même portée, car le débat sur le rétablissement de la vérité devrait avoir lieu, ici, en Algérie. La société algérienne doit comprendre qu'on ne pourra rien reconstruire sans vérité. Il faut prendre conscience de l'importance de la mémoire. Aujourd'hui, les familles de disparus travaillent avec les familles victimes du terrorisme parce que ce qui nous unit c'est le combat contre le déni de justice et de vérité. L'année dernière, nous avons organisé une rencontre sur la justice transitionnelle, en étudiant les cas de certains pays d'Amérique latine. A l'occasion de l'anniversaire de l'Indépendance, le 5 juillet, nous, les associations de victimes, voulions marqué le point, pour rappeler que durant toute notre histoire, nous n'avons fait que tourner rapidement les pages. Or, les dénis de mémoire, le refus de la vérité encouragent la répétition des crimes ! Car, pour reprendre un terme qui a été longtemps utilisé, il faut éradiquer le mal à la racine. Maintenant, si les autorités veulent effacer le passé, cela sera impossible. Il faudrait effacer les familles de victimes d'abord et ensuite leurs enfants qui garderont intacte la mémoire. Il n'y a pas une gomme assez grande pour effacer cette mémoire ! Regardez ce qui s'est passé en Argentine : après vingt ans de déni de la vérité et deux lois d'amnistie, le gouvernement a décidé, début des années 2000, de revoir ces amnisties. En Bosnie, les recherches ont permis d'identifier 8000 victimes dans des charniers qui ont été plusieurs fois déplacés pour empêcher que la vérité éclate et un musée pour sauvegarder la mémoire des victimes sera bientôt ouvert. »
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