Alger - A la une

Les débats sur la charte nationale de 1976, un espace ouvert à la liberté d'expression et d'opinion



Les débats sur de la Charte nationale de 1976 ont constitué un espace ouvert à la liberté d'expression et d'opinion pour une meilleure implication de toutes les composantes de la sciété algérienne en faveur de l'édifiaction du pays qui célébre cette année le cianquantenaire de son indépendance.
Cette implication des citoyens dans le débat autour de cette charte qui est venue compléter celles de Tripoli et d'Alger, se proposait de dégager une approche pour un projet de société à même de booster les secteurs économiques, jeter les bases des institutions constitutionnelles et en finir avec les résidus du colonilaisme.
Ces tribunes qui donnaient la parole au peuple dans toutes ses franges : travailleurs, paysans, étudiants et intellectuels pour décider de l'avenir du pays, avaient prouvé au monde entier "cette maturité démocratique du peuple algérien et ses aspirations pour l'édification d'un Etat fort et souverain où règne la justice sociale", souligne Abderezzak Bouhara, ancien ministre et dirigeant au sein du parti du Front de libération nationale (FLN).
"L'élaboration de ce projet avait impliqué toute les approches et idéologies de la société pour l'édification d'un Etat au service du peuple", se rappelle M. Bouhara qui était alors wali d'Alger.
La Charte nationale de 1976 est venue consacrer les principes de la Déclaration du 1er novembre, qui prévoit l'édification d'un Etat basé sur l'équité et la justice sociale conformément aux préceptes de l'Islam et qui respecte les valeurs de travail et d'égalité des chances, a-t-il ajouté soulignant que cette démarche a permis aux différentes catégories de la société, de faire valoir leurs capacités et leurs potentialités intellectuelles et professionnelles à travers les révolutions agraire, industrielle et culturelle.
Ces discutions avaient par ailleurs permis aux opposants de "s'exprimer en toute liberté sur la nature du système et ses orientations futures et les lacunes enregistrées alors dans le processus de développement", estime M. Bouhara.
Ainsi, cette ouverture avait lancé les différents courants politiques aussi bien affiliés au FLN, parti unique au pouvoir alors, que ceux qui activaient dans la clandestinité, pour jouer un rôle en faveur d'une confrontation d'idées sur un projet de société.
"Cette démarche avait impliqué toutes les composantes de la société algérienne qu'elles fussent de gauche, de droite ou berberiste autour d'un projet commun, celui de l'édification d'un Etat moderne", souligne de son côté M. Mohamed Boukhalfa, président du groupe parlementaire du tiers présidentiel au Conseil de la nation et ancien mouhafedh du FLN de la wilaya d'Alger.
Les dirigeants politiques du pays à leur tête le président Houari Boumédiene avaient donné des instructions aux différentes structures du parti unique alors, aux assemblées élues et aux responsables des institutions de l'Etat pour "ouvrir des espaces et des tribunes où les citoyens pouvaient s'exprimer librement sur les lacunes et carences enregistrées mais aussi pour décliner leurs tendances et orientations".
Ces tribunes "ont éliminé les pressions qui pesaient en matière de liberté d'expression tout en faisant naitre l'espoir de pouvoir gagner le pari et de relever les défis de l'époque. Selon M. Boukhalfa, les médias avaient un rôle clé dans ces discussions marquées par des confrontations d'idées et d'opinions entre les militants du parti unique sur les questions essentielles.
Ces discussions avaient pour objectif de "préparer l'opinion publique à la période du changement démocratique, à la liberté d'expression et la participation du peuple dans la prise de décision", ajoute-t-il.
Les débats de la Charte nationale constituaient un bond qualitatif en matière de liberté d'expression permettant au citoyen à l'époque "de s'exprimer librement et sans censure sur les questions qui concernent l'avenir du pays en faveur de l'édification d'un Etat fort, juste et souverain dans ses décisions aux plans international et international", souligné de son côté, Aissa Kassa, ancien mouhafedh et chargé de communication du FLN.
Il a ajouté que les dirigeants du pays alors avaient estimé nécessaire "l'ouverture d'un large débat qui associe toutes les franges de la société pour la mise en place d'une nouvelle stratégie définissant les contours d'un Etat moderne qui consacre la justice sociale".
Ainsi est passée l'Algérie de la légitimité révolutionnaire à la légitimité populaire et entra dans l'ère des institutions constitutionnelles", a-t-il soutenu.
Pour sa part, l'universitaire et président de l'association "El-djahidia" Mohamed Tine a rappelé le rôle de feu président Houari Boumediene qui a donné, a-t-il dit, "des garanties de liberté d'expression aux citoyens" pour enrichir le contenu du projet de la Charte nationale. Ces discussion élargies par la suite au sein du parti pour toucher ses organisations de masse et les secteurs gouvernementaux, ont constitué "une première étape pour le retour à la légitimité constitutionnelle".
Ces débats "profonds et objectifs, étaient axés sur les questions d'identité, d'appartenance et d'indépendance nationale, économique, sociale et politique", a encore ajouté M. Tine.
Abdelaali Rezzagui, enseignant en sciences politiques à l'université d'Alger a relevé que les débats autour de la Charte nationale "ont démontré la détermination du peuple algérien à oeuvrer en faveur de la consécration de la démocratie et de l'édification de l'Etat de droit".
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)