
L'Association des concessionnaires et constructeurs automobiles (AC2A) veillera à ce que ses membres remplissent, en dépit des problèmes financiers qu'ils subissent, l'obligation d'industrialisation de la filière automobile, à laquelle l'article 52 de la loi de finances pour l'année 2014 les astreint après trois années d'importation, a affirmé récemment son président, Sofiane Hasnaoui, lors d'une conférence-débat à Alger.Certains concessionnaires, comme Sovac, Cima Motors, Hyundai et Nissan-Algérie, que dirige présentement Sofiane Hasnaoui, seraient même très largement engagés dans ce processus d'industrialisation locale, avec, à la clé, la réalisation d'usines de montage d'automobiles de diverses marques, de diverses unités de production de pièces de rechange, ainsi que de certains services liés à maintenance automobile. L'entrée en activité des premières installations pourraient être annoncée par leurs maîtres d'ouvrage respectifs, dès le début de l'année 2017, selon le conférencier.Si au regard du nombre de projets en cours le montage semble être l'option d'avenir pour de nombreux concessionnaires, la production de pièces de rechanges et la maintenance font en effet l'objet d'une attention particulière, eu égard à l'âge avancé du parc national automobile (environ 60% des véhicules immatriculés en 2016 ont plus de 10 ans). Si la production de pièces de rechange en Algérie est une option indiscutable, il y a lieu d'attirer l'attention sur le risque commercial que pourrait représenter à terme le montage de certaines marques automobiles, qui courent le risque d'être rapidement démodées et par conséquent difficilement exportables, du fait de l'avancée fulgurante de l'innovation dans monde. M. Hasnaoui reconnaît que le risque est sérieux, mais que rien n'empêche d'introduire, au gré du temps et des avancées technologiques, des innovations significatives dans le processus de montage.Un parc national estimé à 5,6 millions de véhiculesSur la question de prix, déjà hors de portée, et qui augmenteront sans doute encore plus durant les prochaines années, il y lieu de souligner qu'en pleine phase de paupérisation, les classes moyennes qui constituaient l'essentiel de la demande auront de plus en plus de difficultés à s'offrir un véhicule neuf. Elles se rabattront sur l'achat de véhicules d'occasion et, bien entendu, la maintenance et la réparation des véhicules vieillissants en leur possession. Avec un parc national automobile estimé à 5,6 millions de véhicules, dont l'écrasante majorité a plus de 10 ans, les marchés de la pièce de rechange et de la maintenance connaîtront, à l'évidence, un essor prodigieux que les concessionnaires seraient bien avisés de capter en se lançant dans la fabrication de pièces détachées et dans la réalisation d'ateliers de maintenance performants. Ce à quoi bon nombre d'entre eux ont du reste commencé à s'atteler, avec l'idée de constituer à terme un réseau de sous-traitance dont pourraient faire usage utile les constructeurs automobile qui s'installeront en Algérie.A propos de l'instabilité des prix qui caractérise le marché des véhicules neufs, notamment depuis l'introduction en 2016, des licences d'importation, le président de l'AC2A confirme que les prix des voitures neuves vont connaître une hausse significative, ne serait-ce, que sous l'effet mécanique de la dérive du dinar, qui aurait perdu cette année environ 20% de sa valeur par rapport au dollar. En incluant les taxes et autres frais liés au transport, à la commercialisation et à la réduction de la capacité de négociation des prix avec les fournisseurs, le président de l'AC2A estime à environ 30% l'augmentation possible des prix des véhicules neufs qui seront écoulés en 2017.Cette navigation à vue risque malheureusement de durer, avec tout le cortège de désagréments que ne manqueront pas de subir les concessionnaires automobile qui, affirme Sofiane Hasnaoui, ont été contraints de supprimer pas moins de 50% des emplois offerts.Le coup porté aux concessionnaires a, effectivement, été très dur. De 400 000 véhicules importés en 2012, ces derniers n'ont été autorisés à introduire sur le marché national que 16 000 unités, faisant ainsi chuter leur chiffre d'affaires d'environ 85%.La casse risque malheureusement de se poursuivre si la politique des quotas dictée par des soucis de restriction budgétaire reste en l'état actuel. Les concessionnaires ne pourront dans cette hypothèse préserver que 25% des emplois, affirme, non sans inquiétude, le président de cette association à laquelle adhèrent pas moins de 23 concessionnaires et constructeurs automobile.Sur l'importation des véhicules de moins de 3 ans à laquelle le gouvernement avait pensé (avant d'en abandonner l'idée), sans doute pour permettre aux classes moyennes appauvries d'acquérir un véhicule à un prix plus accessible, Sofiane Hasnaoui pense que l'inquiétude des concessionnaires automobile réside beaucoup plus dans le fait que cette ouverture du marché algérien aux véhicules d'occasion importés risque d'ouvrir la porte à toutes sortes de malversations, parmi lesquelles, les déclarations frauduleuses sur l'ancienneté des véhicules, les graves vices de fabrication volontairement cachés, l'introduction de véhicules volés, etc. «L'introduction, durant les années 90, des véhicules dits ZH est une sinistre expérience qu'il ne faut surtout pas recommencer», a-t-il martelé.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nordine Grim
Source : www.elwatan.com