La grève illimitée des travailleurs de l'Etusa n'est pas sans conséquences sur le déplacement des Algérois.
Au troisième jour de ce débrayage, les citoyens rencontrés hier à la station de la place du 1er Mai se sont montrés très contrariés. «Je ne suis pas contre la grève des travailleurs qui réclament l'augmentation des salaires. Mais la moindre des choses est d'aviser les gens par voie d'affichage», suggère un quinquagénaire qui fuit la pluie qui s'abat sur la capitale. Ils étaient nombreux à se mettre à l'abri des averses, les voyageurs semblent payer les frais du dysfonctionnement de la gestion de la crise de l'Etusa. Aucun bus dans la station. Encore moins un agent pour se renseigner. La population est laissée-pour-compte.
A l'ennui de l'attente s'ajoute le désagrément de la pluie durant la matinée d'hier. Les voyageurs se sont rabattus sur le transport privé. Mais les transporteurs privés n'ont pas pu contenir le grand nombre de voyageurs, notamment durant les heures de pointe. «Au premier jour de cette grève, j'ai dû attendre deux heures à l'arrêt des bus de la place Audin. Les taxis étaient pris d'assaut. Cette situation chaotique m'a coûté plus d'une demi-heure de retard», témoigne Noura, enseignante dans une école privée à Hydra. Pour arriver à l'heure, cette dernière se lève à 5h du matin, elle sort très tôt. Mais à quel prix ' «Une fois en classe, je ne peux plus travailler convenablement. J'ai un manque de sommeil terrible et cela se répercute sur le rendement», se plaint-elle. Fatigue, colère et précipitation, la grève de l'Etusa a chamboulé les horaires des travailleurs. Mais pas seulement : cette grève a dévoilé l'apport insignifiant du privé au secteur des transports. Pour rappel, l'Etusa assure le transport dans toutes les communes d'Alger.
L'entreprise publique travaille également jusqu'à des heures tardives comme elle assure un service minimum durant les jours fériés. Sur le terrain, la grève continue. Le mouvement de protestation s'élargit et le ton durcit. Hier encore, les grévistes se sont déplacés, dès la matinée, à la centrale syndicale où ils ont tenu pendant deux jours un sit-in permanent. Les agents de sécurité ont fermé le portail, empêchant les travailleurs de l'Etusa d'y accéder. Ces derniers ont escaladé le mur de clôture de la centrale syndicale. De prime abord, le mouvement s'annonce pacifique. N'empêche, deux fourgons de police ont été postés à la sortie de la maison du peuple, en face du lycée El Idrissi. A quelques mètres de cet établissement scolaire, un bus d'agents de police est stationné depuis le premier jour de la grève, guettant le moindre débordement.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djedjiga Rahmani
Source : www.elwatan.com