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Les chiffres du ministère de la Santé contestés



Les chiffres du ministère de la Santé contestés
Leur prévalence dans les pays développés n'atteint même pas les 5% ; en Algérie, elle dépasserait largement les 30%, selon les professionnels de santé qui contestent les 15% dont par le le ministre de tutelle.
Si une véritable enquête sur l'hygiène hospitalière était menée en Algérie, les résultats auraient de quoi donner froid dans le dos. C'est peut-être pour cette raison que les services publics se contentent de petites études, loin d'être représentatives, avec à la clé des chiffres auxquels personne ne croit. Les derniers en date ont été donnés par Djamel Ould Abbès, ministre de la Santé. «Les différentes enquêtes réalisées au niveau de nos structures de santé sur les infections nosocomiales donnent un taux de prévalence national variant entre 12 et 15 %», a-t-il déclaré il y a quelques jours.
Les professionnels de santé étaient nombreux à contester ce chiffre, hier à Alger, lors d'une journée d'étude organisée par la société Nosoclean sur la question de l'hygiène hospitalière. Les infections associées aux soins touchent des centaines de millions de patients dans le monde chaque année. Leur prévalence dans les pays développés n'atteint même pas les 5% ; en Algérie, elle dépasserait largement les 30%. «Le plus regrettable en Algérie, c'est que nous n'avons pas de statistiques fiables sur la question de l'hygiène hospitalière. Et le taux de 15%, évoqué par les sources officielles, est en deçà de la réalité», explique le docteur Nafaâ Timsiline, directeur général de Nosoclean et organisateur de la rencontre.
Selon lui, les facteurs qui empêchent l'Algérie de réduire son taux de prévalence des infections associées aux soins en établissements de santé sont nombreux : «Au-delà de l'absence de statistiques fiables, il y a l'indisponibilité des produits, le code des marchés, le manque de budgétisation de l'enveloppe allouée à l'hygiène hospitalière. Ce sont autant de questions qui se posent et ralentissent la stratégie de lutte contre ces infections.» A qui la faute ' «La responsabilité serait partagée», selon lui. Les infections associées aux soins en milieu hospitalier sont provoquées par de nombreux facteurs relatifs notamment aux procédures de soins, au manque de rigueur, aux comportements humains conditionnés par l'éducation, les contraintes économiques et politiques. Plusieurs intervenants étrangers ont été invités à partager leurs expériences en la matière.
Il a d'abord été question de l'hygiène des mains comme mesure essentielle pour réduire les risques, à travers une communication du docteur J. Hajjar, chef du service d'hygiène hospitalière et d'épidémiologie de Valence. La question de l'architecture hospitalière intégrant les règles d'hygiène et l'asepsie pour une maîtrise du risque infectieux a été abordée par M. J. Farbry, rédacteur en chef de la revue Hygiène. La prise en charge de la stérilisation des dispositifs médicaux a été traitée par M. Y. Inghels, pharmacien à Valenciennes. Le docteur Boulestreau, médecin hygiéniste à l'hôpital Pellegrin, s'est intéressé au risque infectieux en endoscopie. Un partage d'expérience qui se limite à la simple sensibilisation, en attendant que les pouvoirs publics prennent sérieusement en charge le malaise qui règne dans les hôpitaux algériens.


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