Les cheminots constantinois ont déclenché dans l'après-midi de dimanche
dernier, un mouvement de grève «spontané». A la surprise générale,
particulièrement chez les usagers, les trains ont été immobilisés et aucune
circulation n'a été enregistrée, «sauf pour les trains de voyageurs grandes
lignes», nous déclarent des travailleurs grévistes, rencontrés hier matin à la
gare centrale. «Notre mouvement est spontané, disent-ils.
Ce n'est pas par solidarité avec nos camarades algérois qui ont déclenché
un arrêt de travail dans le dépôt des locomotives du Hamma». Et de préciser que
«l'intention de protester ainsi, par ce mouvement, couvait depuis quelque temps
déjà».
L'arrêt de travail des Algérois a donc été en quelque sorte le signe
déclencheur. Ainsi, depuis dimanche soir, et durant toute la journée d'hier
lundi, à l'exception des grandes lignes, aucun train n'a circulé.
Les grévistes, tous roulants, car il s'agit de chefs de train, de
conducteurs de queue et de mécaniciens assurant la conduite des trains,
expliquent les raisons qui ont poussé à cette protestation. «Outre le fait que
cela fait des mois qu'il y a, pour ainsi dire, absence de représentants
syndicaux, nous ne faisons plus confiance à notre fédération nationale, qui, à
notre avis, ne défend plus nos intérêts». Toujours est-il que la situation
était tendue hier. Les trains de grandes lignes, train de nuit Annaba - Alger
et le rapide Constantine - Alger d'hier matin, ont été assurés par des cadres
de ces deux services. Questionnés sur les motifs de cet arrêt de travail, nos
interlocuteurs affirment «que ce sont les mêmes revendications
socio-professionnelles que nous avançons depuis des années, relatives aux
primes de déplacement nettement insuffisante, à celle dite de «risque» qui est
de 700 dinars par mois, ce qui est également insuffisant, de la prime de
kilométrage, etc. Et, disent-ils, ne voulant pas limiter ces réclamations aux
indemnités uniquement, on parle « des conditions de travail désastreuses, où de
nombreux trains circulent sans aucun respect des conditions de sécurité, et en
l'absence de matériel adéquat. Ils citent essentiellement des risques d'arrêt
intempestif en pleine voie soumis à de sévères conditions de sécurité pour
éviter tout accident.
«Des trains ont été ainsi rattrapés et percutés par l'arrière, faute de
protection «sonore» qui attire l'attention du train suivant». Ils citent
également « le système d'avancement en grade qui a souvent incité, à plusieurs
reprises, des agents à avoir recours à la justice pour obtenir leurs droits».
Pour rappel, au dépôt des locomotives de Hamma (Alger), un mouvement de
grève surprise a été déclenché par le même personnel roulant dans la matinée du
samedi 04 avril, au moment même où le ministre des Transports effectuait une
visite de travail en circulant dans un train d'essai entre les gares d'Agha et
El-Affroun. Ce sont les conducteurs de train et leurs collègues
d'accompagnement qui ont ainsi protesté sur les mêmes conditions
socio-professionnelles. Selon ces agents, ni la direction générale de la SNTF,
ni leurs représentants syndicaux de la fédération nationale, n'ont donné une
réponse à ces revendications. «Toutes les indemnités payées par la SNTF sont
dérisoires , estiment des cheminots dont plusieurs se disent «solidaires». Mr
Dakhli, directeur central des Ressources humaines à la direction générale de la
SNTF, questionné par téléphone, a répondu «avoir été informé de cette grève à
Constantine. Mais, dit-il, des réunions ont été entamées depuis samedi dernier
(date de la grève d'Alger NDLR) avec toutes les parties concernées. Des mesures
ont été arrêtées concernant certains points essentiels de ces revendications
qui devront être réglées dans deux mois au plus tard. Nous avons d'ailleurs
lancé un appel à tous pour la reprise du travail».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Abdelkrim C
Source : www.lequotidien-oran.com