
Les jeunes réalisateurs présentant leurs courts-métrages à la cinémathèque d'Alger (N. Rondeleux)Rester ou partir ' Comment être heureux en Algérie ' Comment s'en sortir quand on a 30 ans et plein d'ambitions ' Comment éduquer son premier enfant dans les meilleures conditions ' Comment être libre à Alger sans frustration ' Telles sont quelques-unes des interrogations qui apparaissent dans les sept documentaires projetés, jeudi, en avant-première à la Cinémathèque d'Alger, fruit d'une année de formation au métier de l'image dans le cadre de l'atelier de création documentaire «Béjaïa Doc», initié en 2007 par la réalisatrice Habiba Djahnine.Le documentaire de Razik Benallal, « El Havs Amokrane » (La grande prison), met en scène quatre jeunes hommes discutant de leurs projets, dans un garage de la petite ville de Seddouk, dans la vallée de la Soumam. Le propriétaire du garage attend depuis deux ans la validation de son projet d'entreprise par l'Agence nationale de soutien à l'emploi des jeunes (ANSEJ). Le professeur de sport et les deux compères sont en attente d'un recrutement dans le cadre du « pré-emploi », un dispositif d'aide à l'embauche mis en place par l'Agence nationale de l'emploi (Anem).Ils racontent avec leurs mots et expressions fleuries, leurs conditions de travail, le malaise, la pression familiale, l'absence de perspectives. Ils écorchent les dispositifs d'aide publique, pointent ses contradictions et relèvent ses absurdités. Le tout avec humour et philosophie. « Tout ce que l'on a en Algérie, c'est le stade pour se défouler, la mosquée pour se faire pardonner, le bar pour oublier et le cyber pour s'évader », résume l'un des protagonistes. A travers cette spontanéité, se dessine une réalité de la société algérienne contemporaine.L'étape de la familleC'est une autre réalité de la vie en Algérie que dépeignent Nabil Boubekeur et Amel Blidi dans leur documentaire « Amek ara degrine wussan » (Demain sera un autre jour) : celle d'un jeune couple confronté à l'éducation de leur premier enfant. Sans chercher à apporter de réponses, les deux réalisateurs, qui mettent en scène leur propre histoire, livrent dans une balade poétique et artistique leurs espoirs, leurs craintes et leurs idéaux face aux réalités du pays.Nabil et Amel habitent dans un petit appartement à Alger-centre, qu'ils louent à prix fort à cause de la crise du logement. Ils mettent en scène leurs problèmes quotidiens à savoir l'absence d'espaces publics gratuits pour sortir en famille et surtout comment transmettre à leur enfant unique les valeurs de liberté, de libre-pensée et d'autonomie auxquelles ils croient. « Après avoir longtemps réfléchi, nous avons finalement choisi de faire jouer notre enfant, car ce film est avant tout pour lui, mais en le filmant tel qu'il est sans lui donner aucune indication », précise Nabil Boubekeur. Quant à la question de « la solution » pour élever au mieux son enfant sans quitter le pays, Amel Blidi répond que « ce serait vraiment prétentieux » de vouloir fournir une telle réponse.L'avenir dans un bidonvilleQuel futur possible dans un bidonville à Oran interroge Amine Boukraa dans « Kouchet El Djir », quel devenir pour la ville d'Alger où se ressent un malaise grandissant, explore Fatima Dridi, dans « Habit Engoulek » (Je voudrais te dire). Quel destin réserve l'Algérie aux enfants abandonnés et aux dépressifs, soulignent Asma Guergour dans « Yatim » (Orphelin) et Aicha Messadia dans « Menthol ». Quel héritage est transmis à la nouvelle génération relate Nassim Aït Ahmed dans « Toujours présent ». Chacun avec son style, les huit réalisateurs de la promotion 2013 de « Béjaïa Doc », nous projettent vers l'avenir de manière individuelle ou collective.La projection des films se poursuivra au sein des associations et ciné-clubs, a précisé Habiba Djahnine à la fin de la projection. « Souhaitons leur bonne chance dans les festivals », a-t-elle ajouté.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nejma Rondeleux
Source : www.maghrebemergent.info