
Le maréchal autoproclamé Haftar a de larges ambitionsA l'heure où Alger accueille le 11ème sommet du Groupe des pays voisins, pour dresser le bilan objectif des progrès accomplis et des défis qui subsistent entre les factions libyennes, avait-on réellement besoin de cette sortie intempestive des autorités de l'Est'...On le savait depuis plusieurs mois, les interférences de certains pays qui n'ont ni frontières communes ni intérêts à préserver en Libye si ce n'est des ambitions de leadership adossées aux préoccupations de leur allié régional devaient finir, tôt ou tard, par avoir des répercussions négatives sur les efforts consentis pour parvenir à une solution politique. Alger a fait montre de sang-froid, pendant de longs mois, voire deux années, pour ne pas faire montre de son irritation grandissante. C'est que la démarche pragmatique, engagée dès le début de l'année 2015 et couronnée par l'Accord mettant en oeuvre le gouvernement d'union nationale sous l'égide de l'ONU, exigeait beaucoup de patience et d'initiatives continues et contenues,pour se traduire concrètement sur le terrain par des avancées notables. Toute la communauté internationale a fini par conforter cette démarche et soutenir le processus de dialogue inclusif constamment affirmé par l'Algérie, dans le cadre onusien bien sûr mais également africain et arabe. A l'heure où Alger accueille le 11ème sommet du Groupe des pays voisins, pour dresser le bilan objectif des progrès accomplis et des défis qui subsistent entre les factions libyennes, avait-on réellement besoin de cette sortie intempestive des autorités de l'Est qui, dans un communiqué, s'en prennent avec virulence, à la médiation algérienne sous prétexte que Abdelkader Messahel a outrepassé les usages diplomatiques lors de sa seconde visite dans le sud libyen' «Nous avons vu aujourd'hui l'entrée du ministre algérien des Affaires étrangères et sa tournée dans les villes du sud libyen sans autorisation préalable comme s'il s'agissait d'une wilaya algérienne. Et de s'entretenir avec des personnalités qui portent encore l'hostilité et la haine contre le peuple libyen», a dénoncé le communiqué du Parlement de Tobrouk cité par Akhbarlibya24». Etrange revirement qui intervient 48 heures à peine après la rencontre impromptue entre Al Serraj et Haftar à Abou Dhabi, saluée par l'Algérie qui voit dans chaque progrès, aussi fragile soit-il, par-delà tous les calculs et les arrières pensées qui le sous-tendent, une opportunité de nature à soulager les souffrances du peuple libyen, pris en otage par de multiples intérêts et d'insupportables surenchères. Les rodomontades de Tobrouk, ne sont pas seulement pathétiques, elles sont aussi et surtout hypothétiques quant à la volonté réelle de Salah Aguila et de Khalifa Haftar de travailler sincèrement en faveur de la paix et de l'unité du peuple libyen. Alors que le pays souffre depuis 2011 d'une guerre civile larvée, d'une multiplication des menaces terroristes et autres crimes transfrontaliers, des parties agissent a contrario des objectifs du dialogue inclusif même et surtout quand l'Algérie et les autres membres du Groupe des pays voisins s'honorent de convier l'ensemble des factions à la table des discussions, sans préalable ni réserve, s'inscrivant à équidistance de toutes les revendications pour ne privilégier que l'intérêt supérieur du peuple libyen. Sauf qu'avec cette sortie peu coutumière aussi bien des usages diplomatiques que des traditions propres aux peuples de la région, après les propos outrageants contre l'émissaire de l'ONU Martin Kobler, l'intention est de jeter de l'huile sur le feu pour saboter la démarche onusienne, et pousser l'Algérie à une position radicale qui consisterait à verrouiller brutalement ses frontières avec la Libye. Or une telle option est contraire aux principes et à la doctrine de notre pays, et elle serait lourde de conséquences pour notre propre sécurité. Auquel cas, il est de notre droit de travailler sans cesse à la résorption des dangers que les factions hostiles au dialogue inclusif font peser sur l'ensemble de la région.Personne n'est dupe des calculs et des appétits sournois de plusieurs pays qui tentent de peser dans la crise, apportant leur aide intéressée à telle ou telle faction, au détriment du peuple libyen. Qui convoite le pétrole à bon marché et qui entend échanger des armes contre une base militaire' Quant au peuple libyen, il peut continuer à gémir sous les bombardements des factions rivales et des actes terroristes de Daesh ou d'autres groupes maraudeurs. C'est outre ces multiples interférences que la diplomatie algérienne travaille sans relâche, avec le soutien de l'Union africaine et de la communauté internationale. Et cela n'a rien à voir avec ce que Tobrouk appelle une «ingérence»! Parce que courir à Abou Dhabi, la veille d'une visite à bon escient du maréchal Al Sissi, pour une rencontre Al Serraj - Haftar, sans ordre du jour ni programme mûrement pressenti, sous des prétextes sans doute sonnants et trébuchants, n'a apparemment rien d'une «ingérence»' La paix, la sécurité et l'unité de la Libye sont des enjeux trop importants pour les laisser entre les mains des apprentis sorciers qui se disputent les terminaux pétroliers comme autant de prises de guerre. Le processus du dialogue inclusif, entre Libyens convaincus et réellement engagés pour ce seul et unique défi, doit se poursuivre et c'est sans doute ce qui sera assuré au président du Conseil présidentiel libyen Fayez al Serraj, aujourd'hui même, à Alger...
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Chaabane BENSACI
Source : www.lexpressiondz.com