
«Le peuple a faim» aurait-on dit à la reine Marie-Antoinette qui aussitôt a répondu «qu'ils mangent de la brioche !» Cette phrase, citée sans nommer la reine, par Jean-Jacques Rousseau dans ses Confessions publiées en 1782, est devenue très célèbre.Un dicton qui illustre, par l'ironie involontaire de la reine, la distance sociale qui existait entre les classes populaires et la noblesse : la princesse étant incapable d'imaginer qu'en raison de leur dénuement, les gens manquaient de pain.Plus de deux siècles après, la fracture entre gouvernants et gouvernés s'est-elle réduite ' La question mérite d'être posée pour savoir si ceux qui aspirent à gouverner un pays connaissent les aspirations de leurs électeurs.La question mérite d'être posée aujourd'hui pour l'Algérie dont la présidentielle est à ses portes. A quelques mois seulement de cette déterminante élection, le pays semble morne... en attente.De quoi ' Les partis politiques peinent à animer la scène politique et à créer un semblant d'ambiance de pré-campagne électorale. Les candidatures se font timidement et les programmes électoraux sont quasi-inexistants. Sous d'autres cieux, une élection présidentielle aurait été sous les feux de l'actualité plus d'une année auparavant, mais en Algérie, cela ne semble même pas constituer un événement. Même pour le peuple qui reste plongé dans ses tourments quotidiens.Difficile de faire des pronostics avec de telles données, mais le plus probable serait de penser que les Algériens n'iront même pas choisir leur président. Dramatique, c'est le cas de le dire. Le peuple est-il blasé au point de ne plus s'intéresser à ce qui le concerne au premier degré ou se complait-il dans sa situation au point de vouloir une continuité sans changement 'Difficile de répondre, mais ce qui reste évident se sont ses attentes qu'il exprime à chaque fois que l'occasion lui est donnée. L'Algérien attend beaucoup de son président et celui qui aspire à occuper le siège d'El Mouradia en 2014, a du pain sur la planche.L'Algérien aspire à vivre dignement et pour que cela soit possible il faut réunir de nombreuses conditions. Il faut tout d'abord offrir une stabilité et une sécurité au citoyen sur tous les plans. Il ne s'agit pas seulement de lutter contre le terrorisme mais aussi contre l'ensemble des fléaux qui gangrènent la société. Vivre en sécurité, c'est pouvoir vivre librement dans son pays avec ses différences de croyance, de culture ou de valeurs. Le citoyen aspire à vivre dans un pays où la loi est au dessus de tous, où seule la justice et les lois de la République tranchent en cas de transgression. Un pays où le voleur de 100 dinars est certes puni mais aussi celui qui détourne des milliards. Un pays où les affaires de corruption qui défrayent actuellement la chronique, ne constitueraient plus juste les gros titres de la presse mais que leurs auteurs, quels que soient leur rang et leur statut social, soient traînés devant les tribunaux pour payer leur dette à la société. C'est là, la seule manière pour éviter le sentiment de «hogra». Le jeune Algérien veut avoir droit à l'égalité des chances pour démontrer son savoir-faire, innover et aller de l'avant. Il veut avoir un emploi, un logement, un niveau de vie décent... Mais pas seulement. Il veut aussi avoir la chance d'évoluer dans son travail, de grimper les échelons et d'avoir la chance, lui aussi, de manager, commander, légiférer ou même diriger le pays.Autrement dit, le jeune attend de ses prédécesseurs de lui laisser la place pour vivre, lui aussi, son temps. Car, avoir un emploi devrait être la norme dans un pays aussi riche que l'Algérie où tout est à construire. L'Algérien veut également avoir le droit de s'exprimer mais pas une liberté d'expression juste pour la galerie. Il veut que son opinion soit prise en considération par ceux qui le gouvernent. C'est uniquement dans ce cas-là, qu'il acceptera de s'organiser socialement, de s'affilier à des partis politiques et de participer à la vie politico-sociale de son pays. L'Algérien est prêt à assumer tous ses devoirs car il aime sa patrie, et son attachement à la terre-mère il l'a montré à plusieurs reprises. Il attend en retour d'obtenir ses droits de citoyen, de bénéficier des richesses de son pays en ayant entre autres, un salaire décent, un bon niveau de vie, une bonne prise en charge médicale, une éducation des plus performantes pour ses enfants.Le citoyen veut simplement une gestion transparente du pays et des richesses de l'Algérie. Il veut connaître la destination de l'argent du pétrole. Il veut «toucher» les réalisations et «sentir» le développement réalisé grâce aux réserves de change. L'Algérien ne veut plus de l'opacité, plus de mensonges et plus de dérives. Il veut un président avec un franc-parler à qui il offrira la main pour avancer ensemble et construire l'avenir.Si une personne ou une dynamique vient à répondre à ces attentes, l'Algérie rentrerait enfin dans le cercle des grandes nations.H. Y.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hasna Yacoub
Source : www.latribune-online.com