Les arts plastiques modernes dans la tendance arabo-africaine des arts maghrébins
7ème partie
Valorisation de la perception identitaire par les arts plastiques, réceptacle de la culture mondiale
Les Artistes, en évoluant avec révolution des concepts générés par la mondialisation de l’art et la technologie, ne doivent pas perdre de vue à qui sont adressées d’abord leurs œuvres. Les professeurs Bouamama de l’école supérieure des beaux-arts d’Alger, et Aïlane de l’université de Annaba ont tous deux mis le doigt sur la plaie, lors de leurs remarquables conférences tenues en marge du huitième festival national des arts pratiques de Souk-Ahras, en novembre 1999, et le dernier. Ils ont recommandé le retour vers un art moins sophistiqué, plus accessible au grand public. En clair, il s’agira pour nous de fondre nos sensibilités et nos tendances culturelles dans ces pratiques picturales venues d’ailleurs, sans tomber par souci de lisibilité dans le conventionnel, et sans pour autant ouvrir le champ à l’arrivisme par l’institutionnalisation de l’illisible. Car en Algérie les tendances esthétiques sont plus individuelles, que collectives, d’où la difficulté de leur dépréciation ou celle de leur appréciation. Philosophiquement parlant, nous devons nous transcender pour toucher à l’universalisme tout en restant culturellement authentique. Bêla Bartok, par ses rapsodies, a bien hissé le folklore hongrois à l’audience universelle. En d’autres termes, il n’est pas dépersonnalisant de faire une recherche en matière d’art plastique en y incorporant les arts d’autres cultures, car, et comme l’affirmait Khadda, «un art ne peut pas à l’infini se redire, l’art de la nostalgie tout entier tourné vers le passé». Les thèmes ressassés le long des siècles dans nos arts de la décoration, doivent se métamorphoser dans l’alternance des expériences plastiques des autres cultures. Picasso, pour aboutir à sa recherche vers l’inédit en Occident, a bien introduit dans son cubisme, les clés symboles de l’art africain comme Gauguin pour la culture polynésienne. Tout récemment, j’ai vu un artiste marocain associer l’art japonais à l’art maghrébin dans la fabrication des lustres sphériques. Aussi l’artiste contemporain doit-il se saisir de ce champ ouvert par la science et la technologie pour enrichir sa propre vision et sa recherche personnelle. Les arts sont une valeur humaine et planétaire, et il est de notre devoir de développer l’art qui nous identifie, mais qui recèle à la fois les éléments d’un langage universel pour être au diapason de la mutation ou de la pratique artistique dans le monde. Nous résumons notre pensée en citant Paul Nougé: «L’objet sera pensé non comme un sujet plus ou moins heureux de peinture mais en tant que réalité concrète, non plus sur le plan de l’unique apparence visuelle mais au sein de la complexité universelle». Il est valorisant d’exalter notre patrimoine traditionnel mais rhabillé d’une recherche dans les couleurs, les formes, les volumes et les mouvements, en respectant la rigueur qui accompagne tout art bien fait, est un pas vers sa réhabilitation thématique.
Â
Sid Ahmed Hamdad
Universitaire - artiste peintre
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com